Publié le 10/04/2026
Le bulletin de paie n’est pas un simple document administratif : il doit refléter avec précision la situation du salarié. Parmi les mentions obligatoires figure l’emploi réellement exercé, une exigence rappelée avec force par la Cour de cassation.
À chaque paiement du salaire, l’employeur doit remettre un bulletin de paie conforme au Code du travail, qu’il soit dématérialisé ou papier.
Ce document doit notamment indiquer :
- le nom et l’emploi du salarié,
- sa position dans la classification conventionnelle applicable.
En cas d’absence de bulletin ou de bulletin irrégulier, le salarié peut saisir la justice pour obtenir une version conforme.
Dans cette décision de justice, la Cour de cassation rappelle que :
- L’employeur doit indiquer l’emploi réellement occupé, indépendamment de toute conséquence sur la rémunération ou de la preuve d’un préjudice.
- Le salarié est fondé à réclamer un bulletin conforme dès lors que la mention est erronée.
Cette exigence est cumulée avec celle de la classification conventionnelle : une seule omission suffit à rendre le bulletin irrégulier.
Le non-respect de ces règles expose l’employeur à :
- une amende de 3ème classe :
450 € par bulletin pour un employeur personne physique,
2 250 € pour un employeur personne morale ; - des dommages et intérêts, si le salarié prouve un préjudice.
En pratique, il est essentiel de vérifier la cohérence entre les bulletins de paie, le certificat de travail et les fonctions réellement exercées, afin d’éviter tout risque de contentieux.
Source : arrêt de la Cour de cassation du 11 mars 2026, n° 25-12.221
UNE EXPERTISE SIGNÉE
Charline DURAND
Juriste-Fiscaliste
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