Après la baisse des prix constatée en 2008, l’inquiétude était grande pour 2009, présentée
par certains comme celle du Krach… Force est de constater que la baisse attendue n’est
pas au rendez-vous et la tendance haussière des derniers mois permettra sans doute de
limiter la baisse des prix à environ 5 % en 2009.
Pour 2010, les professionnels prévoient une stabilité des prix de l’immobilier dans le neuf
comme dans l’ancien.
Le nombre des transactions dans
l’ancien devrait reculer de 20 %
par rapport à l’année 2008.
Pour autant, les stocks ne
s’accroissent pas. C’est même
tout le contraire avec un véritable
assèchement de l’offre qui explique
en partie l’augmentation des prix
pour le dernier trimestre 2009.
Ainsi, selon l’indice mensuel FNAIM,
les prix en France ont augmenté
de 0,6 % en octobre. Dans son
point marché de novembre le
réseau LAFORET a annoncé une
augmentation des prix de l’ancien
de 3 % entre le 1er septembre et le
15 novembre 2009.
Cette tendance confirme la
prévision de la FNAIM qui
annonçait une baisse des prix de
5 % dans sa note de conjoncture
du troisième trimestre. Pour sa
part, le réseau LAFORET table sur
une baisse limitée à 4,4 %.
Les primo accédants (une part
importante des acquéreurs) sont
revenus sur le marché à partir
du printemps 2009 sous l’effet
conjugué de la baisse des taux
d’intérêts et de la perspective de
réaliser de "bonnes affaires".
Dans les faits, les bonnes affaires étaient déjà réalisées au cours de
la fin de l’année 2008 et au début
de 2009. Les biens à vendre depuis
longtemps, affichés à des prix élevés, ont été cédés après une
négociation "à la hussarde" par des
vendeurs usés et financièrement à
bout.
Aujourd’hui le nombre de biens à vendre est en chute libre
essentiellement en raison de la
diminution du marché de l’arbitrage
(vendre pour racheter). Dans un
contexte économique incertain,
le vendeur potentiel n’ose plus
s’engager dans l’acquisition d’un
bien avant d’avoir vendu celui qu’il
possède. Les banques constatent
que le marché des prêts relais est
aujourd’hui pratiquement au point
mort.
Dans ce contexte, le nombre
de transactions ne devrait pas
retrouver son niveau de 2008
avant 2011 ou 2012.
[haut]
Les économistes ont apporté de
nombreuses explications à cette
flambée subite :
- le développement de la demande
dans les pays émergents,
- la croissance exponentielle des
agro-carburants notamment aux
Etats-Unis,
- le rôle controversé de la spéculation
sur les marchés à terme,
- deux années successives (2006
et 2007) de rendements mondiaux
médiocres.
Tout cela est vrai. Cependant, l’évolution
des stocks et les politiques
agricoles ont un rôle majeur dans
l’évolution de cette volatilité.
Dans les années 70 à 90, les
politiques agricoles menées aux
Etats-Unis, en Chine et en Europe
conduisaient à la mise en place
de stocks centraux régulateurs
des marchés. La libéralisation des échanges agricoles entreprise à
l’OMC a entraîné la disparition de
ces stocks centraux.
Compte tenu du coût élevé de
ces stocks, le penchant "naturel"
de chaque Etat est de laisser aux
autres le soin de s’en occuper. Or,
il est peu probable que le marché
retrouve une certaine stabilité en
l’absence de stocks importants.
Absence de pays jouant le rôle de
stockeur central, croissance de la
demande et variabilité accrue de
la production mondiale sous l’effet
du réchauffement climatique :
l’instabilité devrait marquer durablement
les prix internationaux
des produits alimentaires.
En effet, seul le retour de la
croissance et par conséquent de la
confiance des ménages permettra
une reprise significative du marché.
Les perspectives de croissance
pour 2010 (0,8 %) ne permettent
pas d’envisager cette reprise.
[haut]
Après une année 2008 catastrophique,
l’année 2009 voit le
nombre de transactions progresser
d’environ 10 %.
Ainsi, le promoteur NEXITY
annonce une forte augmentation
de ses réservations sur les neufs
premiers mois de 2009 par rapport à 2008.
La baisse des taux a joué son rôle,
mais c’est surtout le dispositif
SCELLIER qui a permis de ramener
les investisseurs sur un marché
déserté en 2008.
Cette progression du nombre de
ventes ne doit pas occulter le fait
que 2009 sera pour la construction
la pire année depuis 11 ans.
En effet, l’effondrement du marché
en 2008 a conduit les promoteurs à raréfier les mises en chantier qui
ont chuté de 21 % entre octobre
2008 et septembre 2009.
De même le nombre de permis
de construire a diminué en France
de 20 % sur la même période et le
nombre total des mises en chantier
ne dépassera pas 320 000 unités.
Cette situation est préoccupante
dans un pays structurellement
déficitaire en logements, et qui a
besoin de 500 000 constructions
par an pour que la situation ne se
dégrade pas…
Dans ce contexte de raréfaction,
les prix du neuf ne devraient pas
baisser de plus de 5 % en 2009.
[haut]
Si le niveau des taux d’intérêt et l’attitude un peu moins frileuse des banques
perdurent en ce début d’année 2010, le marché pourrait légèrement
progresser en volume.
Cette progression devrait toutefois être limitée entre 5 et 10 % et le
nombre de transactions restera bien en dessous des niveaux atteints entre
2002 et 2008.
Il est par contre peu probable que le niveau moyen des prix continue de
progresser à l’image de cette fin d’année 2009. En effet, les perspectives
de reprise économique sont encore bien trop lointaines pour redonner la
confiance aux ménages français, cette confiance étant indispensable pour
s’engager à long terme.
Dans ce contexte, les professionnels tablent sur une stabilité des prix dans
le neuf comme dans l’ancien pour cette année 2010.
Cette perspective reste toutefois fragile et repose sur le maintien de taux
bas et l’absence de remise en cause des dispositifs fiscaux qui soutiennent
le marché.
Fabien VOARINO
[haut]