Dans la recherche d’efficacité, le travail à plusieurs, entre exploitants ou avec des salariés, est une vraie bonne solution. Mais très souvent, ce qui devrait être harmonie est devenu cacophonie. Ce qui a manqué : se donner les moyens d’accorder ses violons.
Avant toute chose, posons-nous la question : est-il
vraiment nécessaire de
s’organiser tous ensemble pour
travailler en groupe ? Pour y répondre,
imaginons un orchestre un
peu particulier. Les musiciens ne se
connaissent pas et ne parlent pas la
même langue. Ils ne savent pas quel
morceau jouer. Ils n’ont aucune
connaissance de leur place ni de ce
que le public attend d’eux.
Quel sera le résultat s’ils devaient
jouer tout de suite ? Une sacrée
cacophonie !
Tout cela vous semble peut-être
inimaginable voire irresponsable. Et
pourtant, il n’est pas si rare de rencontrer
des situations similaires.
Exemples :
- Le jeune embauché auquel n’ont
pas été présentés les autres
salariés, ni expliqué qui il devait
contacter pour son dossier MSA.
- Une décision d’investissement prise
entre associés sans préciser qui s’en
occupe. Au mieux, la décision ne sera
pas suivie d’effet, au pire, plusieurs
personnes feront le même achat.
Alors, est-il utile de s’organiser
ensemble ? La réponse est oui
quand on souhaite se donner les
moyens d’atteindre ses objectifs.
Il n’existe pas une organisation unique,
valable dans toutes les situations.
Une organisation efficace dépend :
- de l’objectif à atteindre,
- des personnes du groupe, de leurs
besoins et attentes
- des moyens à disposition.
Les combinaisons sont multiples donc
les organisations possibles aussi.
Identifions certaines des clés de
réussite d’une organisation.
Nous n’avons pas les mêmes
besoins ni en terme d’organisation,
ni en terme de communication.
L’enjeu d’un responsable
est d’arriver, par exemple, à faire
communiquer deux personnes,
l’une fonctionnant avec des post-it,
l’autre connaissant seulement le
téléphone. Il est tellement plus
simple de partir du principe que
c’est à l’autre de deviner mes
besoins. Dans ce cas, l’inverse doit être vrai aussi : c’est à moi de deviner
les besoins de l’autre.
Mais, à quel moment notre orchestre
arrive-t-il à s’accorder et comment
peut-il le faire dans ces conditions ?
Il ne le peut pas. Par contre, cela
devient possible si les associés prennent
un temps où chacun exprime
ses besoins en termes d’organisation
(un planning très détaillé, ou plutôt
juste l’objectif à atteindre) ou de
communication (orale ou écrite).
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Même si les musiciens ne parlent
pas la même langue, ils réussissent à se comprendre grâce au solfège,
c’est-à-dire des règles communes
et comprises par tous. Ils peuvent
aussi se rencontrer pour lire la
partition tous ensemble.
Dans nos organisations, il s’agit par
exemple de définir ensemble les
règles de vie du groupe, comme
simplement se dire bonjour, avoir
le même langage technique ou bien
accepter le principe de l’écoute
mutuelle.
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Toujours dans notre exemple des
musiciens, il s’agit simplement de
savoir pourquoi ils jouent : pour le plaisir de jouer de la musique ensemble (une improvisation
par exemple) ou pour préparer une future représentation ?
Des objectifs différents induisent des exigences différentes
(nombre de répétions et qualité escomptée du jeu) et
des comportements différents (niveau d’implication, de
concentration ou d’assiduité).
Comme pour l’orchestre, toute organisation s’attache à
expliquer clairement, et à tous, le ou les objectifs à atteindre.
Ainsi, les exigences exprimées seront comprises et les
comportements seront adaptés.
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Imaginez une voiture où tout le monde tient le volant en
même temps. Nous connaissons tous des situations où
chacun aimerait décider seul de tout, tout en laissant ses
partenaires le faire... Une étape importante dans la mise
en place d’une organisation du travail est la définition des
règles de décisions. Elle permet de passer plus de temps
dans l’action que dans la discussion.
De même, il est aberrant de demander à un violoniste de
jouer de la clarinette, ou de faire un solo alors que la vue
du public le fait paniquer. Le chef d’orchestre doit connaître
les compétences de chacun. Cette connaissance lui permet
d’attribuer la bonne place à son violoniste, pour qu’il soit
efficace et motivé. Elle permet au responsable de mesurer le
risque de démotivation d’un passionné de technique affecté
au service administratif.
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Après avoir pris du temps pour se connaître, se mettre
d’accord ou prendre des décisions, abordons l’organisation.
Pouvons-nous imaginer notre orchestre faisant des répétitions
par téléphone ou même sans se donner de rendez-vous à la
même heure, au même endroit ? Bien sur que non. La réussite
d’une organisation du travail passe par l’efficacité de ses échanges.
Là non plus, pas de recette miracle ! A chaque organisation
du travail, à chaque sujet à aborder, son organisation des échanges
(exemple : prendre une décision d’investissement par SMS
ou post-it semble bien hasardeux).
Notons un certain nombre de critères de réussites. Comme
pour les répétitions d’un orchestre, l’organisation des
échanges prévoit : l’objet, le lieu ou le mode de communication,
les personnes concernées, la date, l’heure de début, la
durée ou l’heure de fin et la périodicité.
En conclusion, à chaque orchestre son style de musique (harmonie, symphonie...). Et parmi tous ces styles, il y en a forcément un qui convient à votre orchestre. Dès que le travail s’organise en groupe, il ne peut y avoir de place pour l’improvisation. Cette recherche de la bonne organisation n’est pas aisée. Elle demande du temps, de l’énergie, des compétences et des moyens. N’oublions pas qu’un orchestre a besoin d’un public pour vérifier si l’ensemble joue bien. A trop être dans l’orchestre, le chef d’orchestre et les musiciens ne peuvent se rendre compte de l’effet d’ensemble.
Nicolas TIEDREZ
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