La loi de modernisation du 4 août 2008 de l’économie a fixé un délai impératif pour régler les factures. Les amendes encourues sont lourdes jusqu’à 15 000 € pour une personne physique et de 75 000 € à 375 000 € pour une personne morale.
Sauf dispositions contraires figurant
aux conditions de vente, ou
convenues entre les parties, le délai
de règlement des sommes dues est
fixé au 30ème jour suivant la date
de réception des marchandises
ou d’exécution de la prestation
demandée.
Les parties peuvent convenir d’un
délai différent sans dépasser les
plafonds :
- 45 jours fin de mois,
- ou 60 jours à compter de la date
d’émission de la facture.
Le choix entre 60 jours calendaires
ou 45 jours fin de mois relève de la
liberté contractuelle. Il s’agit bien
d’un délai maximum qui peut être
réduit d’un commun accord entre
les parties.
Le mode de calcul retenu doit être
précisé dans les conditions générales
de ventes ou sur la facture.
Exemple
Pour une facture datée du
1er septembre le délai de paiement
expire le 1er novembre.
- ajouter 45 jours à la fin du mois
d’émission de la facture
Exemple
Pour une facture datée du
1er septembre, le paiement interviendra
au plus tard le 16 novembre.
- ajouter 45 jours à la date d’émission
de la facture, la limite de
paiement intervenant à la fin du
mois au cours duquel expirent
ces 45 jours.
Exemple
Pour une facture datée du
1er septembre, le paiement interviendra
au plus tard le 31 octobre.
Les conditions d’application du
taux d’intérêt des pénalités de
retard, exigibles dès le lendemain
du terme du délai de paiement
prévu sur la facture, doivent figurer
sur les conditions générales de
vente ou de la facture.
Le taux d’intérêt ne peut être
inférieur à 3 fois le taux d’intérêt
légal (11,37 % pour 2009)
[haut]
Les délais de paiement contractuels
ne peuvent dépasser 30 jours à
compter de la date d’émission de
la facture notamment pour :
- le transport routier de marchandises,
- la location de véhicules avec ou
sans conducteur,
- la commission de transport.
Les délais de paiement contractuels
ne peuvent dépasser 30 jours après
la fin de décade de livraison (10 -
20 - derniers jours du mois).
Exemple
Pour une livraison intervenue entre
le 1er et le 10 juin, la date limite de
paiement est le 10 juillet.
Les délais de paiement contractuels ne peuvent dépasser 20 jours après la livraison.
- Pour les boissons passibles des
droits de consommation (alcools
notamment liqueurs, cognac,
armagnac, vodka…), les délais
de paiement contractuels ne
peuvent dépasser 30 jours après
la fin du mois de livraison.
- Pour les boissons passibles
des droits de circulation (vins,
notamment le Champagne, les
vins mousseux, les cidres) les
délais de paiement contractuels
ne peuvent dépasser 75 jours
après la livraison.
[haut]
Les organisations professionnelles
ont la possibilité de négocier des
accords adoptant temporairement
un délai de paiement supérieur
au délai plafond. Toutefois un tel
accord ne peut aller au-delà du
1er janvier 2012.
Vous pouvez vous référer à l’adresse
ci-dessous pour trouver les accords
professionnels existants :
http://www.dgccrf.bercy.gouv.fr/documentation/lme/derogations_delais_paiement.htm
[haut]
Toute personne physique (chef d’entreprise) qui ne respecte pas le délai de paiement prévu avec un fournisseur est passible d’une amende pouvant atteindre 15 000 €. Celle-ci peut s’élever de 75 000 € à 375 000 € pour une personne morale.
Est constitutif d’un abus le fait
de soumettre ses partenaires
commerciaux à des délais de
paiement qui ne respectent pas les
plafonds fixés par la loi ou qui sont
manifestement abusifs.
Exemple
Pour une facture datée du
1er septembre, imposer un paiement
au plus tard le 4 septembre est
manifestement abusif.
De même, le fait pour une entreprise débitrice d’exiger de son fournisseur le retardement de l’émission de sa facture, afin d’allonger le délai de règlement effectif, est constitutif d’un abus.
Pour tout complément d’information, nous vous invitons à vous rapprocher de l’équipe de juristes-fiscalistes de CDER.
Laure DESJOURS
[haut]