Wallons et flamands partageaient jusqu’ici un point commun : leur amour du Champagne. Mais l’année 2009 marque peut-être un tournant, avec la percée des effervescents espagnols et italiens.
Sur les bords de l’Escaut, les Belges se sont lancés dans le négoce du vin dès l’an mil. Mais le véritable essor de ce commerce eût lieu lorsque les ducs de Bourgogne unifièrent la région et en firent l’un des principaux débouchés pour leurs vins. Le dynamisme des marchands flamands fit le reste... Résultat, la Belgique est certes un pays de Bière, mais elle est surtout aujourd’hui le deuxième marché export en valeur pour les vins français.
Tout d’abord la région flamande,
principalement néerlandophone,
avec le pouvoir d’achat le plus élevé du pays. La consommation de
vin y est en progression (23 litres
par habitant et par an).
Vient ensuite la région wallonne,
francophone, avec des habitudes
de consommation et des goûts plus
proches de ceux des français. La
consommation de vin y est élevée
mais recule (30 litres par habitant
et par an).
Enfin, la région de Bruxelles capitale,
majoritairement francophone et
avec une consommation de vin
stable (28 litres par habitant et
par an). Fort pouvoir d’achat et
population très cosmopolite.
Depuis 20 ans, la consommation
de vin a doublé en région flamande,
tandis qu’elle a diminué en
Wallonie. Aujourd’hui, les Flandres
représentent 66 % du Champagne
consommé en Belgique.
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Sur l’année 2008, les importations
d’effervescents français ont
progressé de 3,8 % en volume,
alors que les Cava espagnols ont
enregistré une croissance de 74 %
et les Prosecco italiens de 34 %.
Les flamands sont les plus grands
consommateurs de Champagne
et de Cava espagnols, alors que
les wallons sont plutôt fidèles aux
autres mousseux français et aux
Prosecco italiens.
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Les analystes et professionnels
s’attendent pour 2009 à une substitution
d’un volume important
de Champagne par des mousseux
espagnols ou italiens. En
effet, les fortes hausses de prix
du Champagne de ces dernières
années ont été mal perçues et
ont découragé les importateurs et
distributeurs belges. Ceux-ci se
tournent de plus en plus vers les
Cava et les Prosecco.
Il est donc à craindre que la
Belgique suive l’exemple des Paysbas
où les ventes de Prosecco ont
connu une hausse fulgurante de
80 % sur les six premiers mois de
2009, passant de 1,4 à 2,5 millions
de bouteilles.
Ce même écart tarifaire explique
sûrement que les Cavas espagnols
s’apprêtent, en 2009 pour la
première fois de leur histoire, à
dépasser le Champagne dans le
nombre de cols vendus à travers
le monde.
Mais, heureusement pour bon
nombre de vignerons champenois,
les achats transfrontaliers de nos
voisins belges restent stables et
permettent toujours, aux flamands
comme aux wallons, de réaliser
de bonnes affaires (TVA et droits
d’accises plus faibles, et pas
d’intermédiaires à rémunérer).

Bertrand TREPO
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