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Bulletins de liaison n°183

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Economie "viticulture"

SOMMAIRE

 

Les belges apprécient toujours les bulles mais celles-ci changent de nationalité

Wallons et flamands partageaient jusqu’ici un point commun : leur amour du Champagne. Mais l’année 2009 marque peut-être un tournant, avec la percée des effervescents espagnols et italiens.

Sur les bords de l’Escaut, les Belges se sont lancés dans le négoce du vin dès l’an mil. Mais le véritable essor de ce commerce eût lieu lorsque les ducs de Bourgogne unifièrent la région et en firent l’un des principaux débouchés pour leurs vins. Le dynamisme des marchands flamands fit le reste... Résultat, la Belgique est certes un pays de Bière, mais elle est surtout aujourd’hui le deuxième marché export en valeur pour les vins français.

La Belgique est composée de trois marchés distincts

Tout d’abord la région flamande, principalement néerlandophone, avec le pouvoir d’achat le plus élevé du pays. La consommation de vin y est en progression (23 litres par habitant et par an).
Vient ensuite la région wallonne, francophone, avec des habitudes de consommation et des goûts plus proches de ceux des français. La consommation de vin y est élevée mais recule (30 litres par habitant et par an).
Enfin, la région de Bruxelles capitale, majoritairement francophone et avec une consommation de vin stable (28 litres par habitant et par an). Fort pouvoir d’achat et population très cosmopolite.

Depuis 20 ans, la consommation de vin a doublé en région flamande, tandis qu’elle a diminué en Wallonie. Aujourd’hui, les Flandres représentent 66 % du Champagne consommé en Belgique.

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Le cas des vins effervescents

Sur l’année 2008, les importations d’effervescents français ont progressé de 3,8 % en volume, alors que les Cava espagnols ont enregistré une croissance de 74 % et les Prosecco italiens de 34 %.
Les flamands sont les plus grands consommateurs de Champagne et de Cava espagnols, alors que les wallons sont plutôt fidèles aux autres mousseux français et aux Prosecco italiens.

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Perspectives du marché belge

Les analystes et professionnels s’attendent pour 2009 à une substitution d’un volume important de Champagne par des mousseux espagnols ou italiens. En effet, les fortes hausses de prix du Champagne de ces dernières années ont été mal perçues et ont découragé les importateurs et distributeurs belges. Ceux-ci se tournent de plus en plus vers les Cava et les Prosecco.
Il est donc à craindre que la Belgique suive l’exemple des Paysbas où les ventes de Prosecco ont connu une hausse fulgurante de 80 % sur les six premiers mois de 2009, passant de 1,4 à 2,5 millions de bouteilles.

Ce même écart tarifaire explique sûrement que les Cavas espagnols s’apprêtent, en 2009 pour la première fois de leur histoire, à dépasser le Champagne dans le nombre de cols vendus à travers le monde.

Mais, heureusement pour bon nombre de vignerons champenois, les achats transfrontaliers de nos voisins belges restent stables et permettent toujours, aux flamands comme aux wallons, de réaliser de bonnes affaires (TVA et droits d’accises plus faibles, et pas d’intermédiaires à rémunérer).

Part de marché

Bertrand TREPO

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