L’investissement immobilier reste un des investissements privilégiés des français. Avec son lot d’inconvénients : gestion parfois contraignante, manque de diversité des investissements et des locataires, difficulté à accéder aux marchés les plus rentables (comme les immeubles de bureaux en Ile de France). Dans ce contexte, l’offre de placement pierre papier se développe mais peine à trouver son public.
L’expression désigne l’ensemble
des produits de placement à base
d’immobilier sous forme de titres
de sociétés ou de fonds : les SCPI
(Sociétés Civiles de Placement
Immobilier), les sociétés foncières et
particulièrement celles ayant adopté
le régime SIIC (Sociétés d’Investissement
Immobilier Cotées), ainsi que
les SICAV immobilières, les Fonds
Communs de Placement (FCP) et
autres fonds immobiliers.
La dernière catégorie à avoir été créée est celle des OPCI
(Organismes de Placement Collectif
en Immobilier).
Pour tous ces produits, le principe
est identique : au lieu d’acheter un
bien immobilier en direct, l’épargnant
acquiert des parts ou des
actions de sociétés qui investissent
dans l’immobilier. Son épargne est
donc bien investie dans la pierre,
non pas directement mais par
l’intermédiaire d’une société.
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L’investissement dans la pierre papier permet de limiter un certain nombre d’inconvénients liés à la détention d’immobilier en direct… moyennant des frais d’entrée et de gestion plus importants.
La mutualisation des risques
Le particulier qui investit dans
la pierre papier détient une
partie d’un important patrimoine
composé d’immeubles répartis à la fois géographiquement et
entre différents locataires. Cette
diversification des actifs fait courir
moins de risques au capital investi
qu’en fondant tous ses espoirs sur
quelques biens, voire sur un seul.
La facilité d’acquisition
et de revente
Avec la pierre papier, l’investisseur
peut adapter son rythme d’acquisition à sa capacité d’épargne. Et
en cas de besoin, il est plus facile
et rapide de revendre de la pierre
papier, surtout s’il s’agit de titres
cotés en Bourse, que de se défaire
d’un bien immobilier.
La gestion déléguée
La pierre papier libère l’investisseur
de tout souci de gestion. Celle-ci
est assurée par des équipes dont
c’est le métier et qui en rendent
compte à l’assemblée générale
annuelle de la société. De plus,
l’importance du parc immobilier
géré doit permettre une meilleure
maîtrise des dépenses et de plus
larges facultés de négociation des
contrats d’entretien, des assurances
ou du coût des travaux.
L’objectif de l’instauration des SIIC
en 2003 puis des OPCI en 2006 est
double :
-Permettre aux entreprises d’investir
dans leurs activités plutôt
que dans l’immobilier en les
encourageant par des incitations
fiscales.
- Proposer aux épargnants un
instrument moderne d’épargne
retraite.
Ces objectifs ont été partiellement
atteints en ce sens que les sociétés
foncières ont repris la main sur
l’immobilier d’entreprise dominé
précédemment par les fonds
d’investissement internationaux.
En terme de capitalisation, la pierre
papier représentait fin 2008 une
valeur d’environ 56,9 milliards
d’euros.
Ce chiffre, qui peut paraître important,
est à rapporter aux 1 200 milliards
d’euros détenus par les français
sous forme d’assurance vie !
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La distinction majeure à opérer entre les placements pierre papier relève de leur appartenance ou non au domaine boursier. Les SIIC et les OPCVM immobiliers sont des produits boursiers. Les SCPI et les OPCI sont hors Bourse.
Les SIIC sont des sociétés foncières
cotées en Bourse, où leurs actions
peuvent être achetées en direct.
Mais l’épargnant peu familier des
marchés boursiers peut se tourner
vers des OPCVM immobiliers
(SICAV, FCP et autres fonds),
investis en actions de SIIC pour
l’essentiel de leurs actifs. Ces deux
catégories de produits réagissent
sensiblement de la même façon à
leur double nature boursière et
immobilière.
Le patrimoine des SIIC
Il est constitué d’immeubles
uniquement, achetés pour partie
au moyen de l’épargne collectée et
pour partie à crédit (généralement
limité à la moitié de la valeur des
biens). Le recours à l’emprunt
permet un accroissement plus
rapide du patrimoine. Il est
particulièrement indiqué lorsque le
taux des crédits est inférieur à celui
du rendement des biens acquis,
comme c’est le cas actuellement.
C’est ce que les professionnels
appellent "l’effet de levier" de
l’endettement.
Les dividendes
Ils proviennent des loyers des
immeubles, mais aussi des plusvalues
réalisées sur les reventes,
ainsi que des profits retirés des
opérations financières (placements
de trésorerie, par exemple). Ces
bénéfices sont distribués sans avoir à supporter d’impôt (ni de prélèvements
sociaux) au niveau de la
société. Ils sont taxés uniquement
entre les mains de l’épargnant.
La fiscalité est celle des capitaux
mobiliers.
Les performances
Elles sont liées à la Bourse, mais
sur le court terme seulement.
Cotées tous les jours, les actions
s’achètent et se vendent très rapidement.
Cette liquidité s’accompagne
inévitablement de la volatilité
propre aux marchés boursiers :
les cours peuvent fluctuer sensiblement
d’un jour à l’autre. Sur le
long terme, en revanche, c’est-àdire à l’horizon de cinq ans et plus,
la valorisation est plus liée à celle
de l’immobilier.
Les SCPI, comme les OPCI, ne sont
pas cotées en Bourse. Elles n’en
disposent pas moins d’un marché
secondaire organisé, dans lequel
les prix des parts sont déterminés
par confrontation des ordres de
vente et d’achat.
Le patrimoine des SCPI
Il est composé d’immeubles à 95 %,
les 5 % restants étant constitués
de liquidités. Les biens sont acquis
avec l’épargne collectée, sans
recours à l’emprunt. En revanche,
l’investisseur peut acheter ses
parts de SCPI à crédit, une
possibilité quasiment exclue pour
l’immobilier en Bourse.
Les revenus distribués
Ils proviennent pour l’essentiel des
loyers encaissés, et accessoirement
des plus-values de revente d’immeubles,
ainsi que des gains retirés
des placements de trésorerie. Ils
ne supportent pas l’impôt, ni les
prélèvements sociaux au niveau
de la société (transparence fiscale).
Pour les particuliers, la fiscalité des
revenus distribués est celle des
revenus fonciers.
Les performances
Elles sont étroitement liées à celles
des immeubles de la SCPI. Le rendement
dépend du niveau des
loyers pratiqués et du taux d’occupation
des biens. Le prix des parts
sur le marché secondaire fluctue
assez peu. Pour l’essentiel, les parts
se valorisent comme les immeubles
eux-mêmes, lesquels font l’objet
d’expertises régulières.
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Avec une capitalisation en nette
croissance et une offre de plus en
plus large sur le marché, la pierre
papier constitue très certainement
une opportunité de diversification
patrimoniale à étudier.
L’offre est variée et complexe et
certains acteurs ne sont pas les
acteurs habituels du marché financier.
Il est donc primordial de ne
pas se précipiter et d’analyser les
possibilités d’investissement à la
lumière de ses propres objectifs et
de sa stratégie patrimoniale.
Fabien VOARINO
[haut]