Pour répondre à un contexte exceptionnel, CDER a mené une enquête sur les performances commerciales d’un échantillon de récoltants manipulants. Les volumes expédiés seraient en baisse de 7,9 % sur les six premiers mois de l’année.
Sur le premier semestre 2009, le Comité Interprofessionnel du Vin de Champagne enregistre une baisse des expéditions de 19,3 % par rapport à 2008. Dans le détail, ce sont les coopératives qui souffrent le plus avec des volumes en repli de 26,5 %, les vignerons limitant la baisse à 5,2 %. De leur côté, les maisons de Champagne subissent une diminution de leurs ventes de 23,3 % sur le premier semestre 2009.
35 539 000 bouteilles n’ont pas quitté les caves de la Champagne sur les six premiers mois de l’année.
Toujours sur ce premier semestre 2009, la France semble rester
fidèle au Champagne avec des
expéditions en baisse seulement de 5,5 %, contre des chutes de 31,6 % dans l’Union Européenne et de 43,1 % dans les pays tiers.
Tous les types de vins et de spiritueux
sont emportés dans cette dégringolade des exportations. La baisse globale est de 24,6 % sur les six premiers mois de 2009. Ce résultat "laisse présager une année 2009 en fort recul" pour atteindre
un résultat proche de celui de 2004 selon la Fédération des Exportateurs de Vins et Spiritueux (FEVS). Celle-ci mise toutefois sur le second semestre, au cours duquel se réalisent généralement l’essentiel des ventes, pour limiter
la baisse à environ 20 % sur l’année.
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Derrière une baisse globale de 19,3 % se cachent donc des performances très différentes selon les familles d’acteurs (maisons, vignerons ou coopératives).
Il nous a donc semblé nécessaire
d’étudier de manière plus fine un échantillon que nous connaissons bien et que nous observons depuis déjà de nombreuses années : les manipulants participant à nos enquêtes de Bilan Commercial.
Grâce aux informations issues du logiciel Vitigestion, il est possible d’aller plus loin dans l’analyse que la simple variation de volume, et de prendre en compte d’autres paramètres tels que le prix moyen ou les qualités vendues.
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Nous avons ainsi collecté un échantillon commercialisant au total 2,4 millions de bouteilles et se répartissant sur une cinquantaine d’exploitations.
Sur le premier semestre 2009, les volumes vendus sont en baisse de 7,9 % par rapport à la même période l’année dernière. Cette contraction des expéditions a été plus forte au premier trimestre (-13,4 %) qu’au second (-4,41 %).
Les commandes de plus de 200 cols se sont faites plus rares (42 % en 2009 contre 56 % en 2008). Ceci démontre la bonne santé de la clientèle particulière, et laisse espérer que certaines commandes plus importantes ont seulement été repoussées pour des raisons de trésorerie des acheteurs.
Sur cette même période, le prix moyen a progressé de 0,82 % pour passer de 11,23 à 11,33 € HT. Cette performance est d’autant plus remarquable que la part de Brut Tradition dans les qualités commercialisées est passée de 59 % au premier semestre 2008 à 62 % au premier semestre 2009.
En conséquence, le chiffre d’affaires enregistre une baisse de 7,2 % sur les six premiers mois de l’année.
Si on regarde en détail les performances à l’exportation de l’échantillon, les volumes expédiés restent quasiment constants sur le premier semestre
(16 % des ventes) mais le prix moyen de vente enregistre un fléchissement
de 0,73 %. C’est une tendance inverse à celle enregistrée sur le territoire national, preuve que la concurrence devient particulièrement tendue sur les marchés lointains.
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Certes les exportations n’ont pas retrouvé la proportion du tiers des expéditions totales, comme c’était le cas en 1972-1973, mais les ventes de 1979 sont les plus importantes en volume de l’histoire de la Champagne (plus de 186 millions de bouteilles).
Cette évolution de marché inquiète car après une récolte 1978 catastrophique, les stocks ont été fortement amputés. La Champagne s’apprête donc à connaître une nouvelle période de pénurie, mouvement qui ne semble pourtant pas émouvoir les journalistes de La Champagne Viticole de l’époque "Il suffit de faire un rapide retour en arrière pour voir que notre économie est comme un balancier qui va de la pénurie à l’excédent" (août 1979).
En 1979, le prix du raisin est encore indexé sur 36 % du prix moyen de vente du négoce au cours des six premiers mois de l’année. Le besoin des maisons est alors exprimé en "pièces", et pour remplacer les sorties de l’année, il faudrait produire 439 000 pièces. Or les services techniques du CIVC estiment la vendange 1979 à 8 800 kg/ha ce qui ne permet de couvrir que 86 % de ces besoins. La tension entre les différents acteurs champenois est palpable…
Sorties globales du négoce et des récoltants-manipulants
Campagnes |
Négoce |
RM |
| 1972-1973 | 92 385 000 |
35 230 000 |
| 1973-1974 | 82 442 000 |
33 519 000 |
| 1974-1975 | 67 903 000 |
35 016 000 |
| 1975-1976 | 94 562 000 |
43 052 000 |
| 1976-1977 | 111 928 000 |
51 002 000 |
| 1977-1978 | 123 938 000 |
55 543 000 |
| 1978-1979 | 124 302 000 |
62 076 000 |
Bertrand TREPO
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