Lors de nos réunions de Bilan Commercial de mars, plusieurs pistes pour faire face à une diminution des volumes vendus ont été abordées. Premier débouché commercial des vignerons, les ventes à la propriété ont particulièrement attiré notre attention.
Une étude menée par le CIVC et par Reims Management School (RMS) évalue à 26 millions de bouteilles les ventes réalisées en 2007 par les vignerons sur leurs exploitations. C’est donc un peu plus d’une bouteille sur deux qui se vend par ce réseau de distribution. De leurs côtés, négociants et coopératives font pâle figure avec des ventes qui plafonnent à 9 millions pour les premiers et 2 millions pour les seconds.
Loin d’être dépassée, la vente à la propriété a donc encore un bel avenir devant elle. Elle a notamment l’avantage de :
Quels sont les points importants ?
Beaucoup de consommateurs se
retrouvent devant un vin comme
devant une sculpture ou une peinture
: plus ils ont d’explications, plus
ils ont une chance de l’apprécier.
Une phase pédagogique de présentation
et d’explication est donc
nécessaire. Si vous faites déguster
plusieurs Champagnes à vos clients,
vous devez avoir en tête une idée
simple "plus on monte en gamme,
plus on doit parler d’une cuvée".
Par exemple, vous devriez
toujours avoir plus à raconter
aux clients sur un Millésime
que sur un Brut tradition.
Pour cela, vous pouvez
vous aider de fiches de
dégustation détaillées
avec un rappel des
caractéristiques de la
vendange.
Globalement, les informations que vous fournissez au client ont pour objectif de l’aider à mieux comprendre votre gamme, vos Champagnes, et ainsi de le conduire vers de nouvelles cuvées plus élaborées et plus onéreuses.
Quand un client passe la porte de votre exploitation, il n’attend pas la même chose que chez un caviste. En effet, il n’est pas venu pour entendre trois conseils expédiés et choisir un vin en quelques minutes. Il est venu pour découvrir un savoirfaire, un métier et les coulisses de l’élaboration d’un produit mythique. Ne vous contentez donc pas de vendre des bouteilles de Champagne, mais proposez un véritable service à vos clients (contact + lieu + connaissance + produit).
Ce service passe souvent par une visite de votre exploitation, et surtout par une dégustation commentée. S’il n’y a pas de vérités générales en la matière, voici quelques conseils :
L’idée n’est pas de transformer votre caveau de dégustation en magasin d’usine (la loi Evin ne vous le permettrait pas…) mais de proposer certains produits dérivés à forte marge.
Par exemple, à proximité de l’espace où vos clients règlent leurs achats, vous pouvez exposer une bouteille de ratafia et des flûtes personnalisées.
Ce ne sont pas les produits pour lesquels vos clients sont venus vous voir, mais ils peuvent venir compléter facilement leurs achats. Alors n’espérez pas en écouler des quantités astronomiques, mais la marge sur une bouteille de ratafia est loin d’être anecdotique…
Dans le contexte économique
actuel, certaines marques nationales
ou internationales vont revenir
sur le marché français à travers des
offres tarifaires très attractives. Les
vignerons qui supporteront le mieux
cette concurrence d’un nouveau
genre sont ceux qui auront créé un
lien particulier avec leurs clients.
Pour cela, dites vous que vos visiteurs
doivent quitter votre exploitation
avec des souvenirs forts.
Par exemple, en proposant une dégustation de vins clairs directement dans votre cuverie, vous leur permettez de découvrir une étape clé de l’élaboration de vos Champagnes. Vous pouvez aussi les initier au remuage manuel ou au dégorgement à la volée.
Toutes ces activités ont comme
point commun de les mettre, pendant
quelques instants, dans la peau
d’un vigneron champenois. Votre
visite devient ainsi une expérience
unique dont ils se souviendront
longtemps.
Vous l’avez compris, les ventes à
la propriété représentent un axe
majeur de votre stratégie commerciale.
Ce canal de distribution
est la façon la plus efficace pour
comprendre les attentes et les
besoins de vos clients, mais aussi
pour transmettre une vision plus "positive" de la consommation de
vos vins. Dans un pays généreux
en législations restrictives (loi Evin,
loi HSPT…), ceci est suffisamment
rare pour être signalé.
Bertrand TREPO
[haut]