Le Plan d’Epargne en Actions (PEA) est un compte titre particulier au traitement fiscal avantageux, ce qui en fait un outil patrimonial à part. Ses contraintes peuvent parfois l’emporter sur ses atouts. Certaines personnes auraient alors intérêt à privilégier l’utilisation d’un contrat d’assurance vie multi-supports (voir un PEP(1) assurance pour les plus chanceux).
Le PEA est un compte-titre qui
permet de détenir des actions ou
des parts d’OPCVM(2) éligibles. Pour être éligibles, les titres doivent être émis par des sociétés françaises ou
européennes.
Quel est l’intérêt fiscal du PEA ?
Si vous n’effectuez aucun retrait
pendant cinq ans, les produits des
placements réalisés dans le cadre
de votre PEA sont définitivement
exonérés d’impôt sur le revenu.
Après huit ans, les retraits partiels
deviennent possibles sans entraîner
la fermeture du plan, mais ils
empêchent tout nouveau versement.
Dans ce cas, les produits
des placements restés investis sur
le plan continuent à bénéficier du
régime fiscal du PEA sans limitation
de durée. Vous pouvez également
opter, à partir de huit ans, pour
le versement d’une rente viagère
défiscalisée.
A l’occasion de la clôture du PEA,
les contributions sociales seront à
acquitter.
Pour les investisseurs actifs, ceux
qui vendent pour plus de 25 730 €
de valeurs mobilières par an, le
PEA est la meilleure solution pour
loger les actifs éligibles (comme la
gestion de titres en direct).
Quel est le point faible du PEA par
rapport à l’assurance vie multisupports
? Les liquidités ne peuvent
pas être rémunérées comme
elles peuvent l’être sur le support
en euros d’un contrat d’assurance,
même si certains OPCVM de trésorerie
sont éligibles au sein du PEA.
Comme certains titres ne sont pas éligibles au PEA, les possibilités de
diversification sont limitées, contrairement
à l’assurance vie multisupports.
Bon nombre d’épargnants
n’ont pas les connaissances
suffisantes pour gérer eux-mêmes
leur PEA. Dans ce cas, le recours à un mandat de gestion ou aux
OPCVM s’impose. Ils ne pourront
sélectionner que des produits éligibles
au PEA (fonds devant détenir
au moins 75 % d’actions de sociétés
françaises ou européennes).
En outre, la détention de certains
titres est prohibée (comme les parts
de SCI ou de SCPI) contrairement à
l’assurance vie multi-supports.
La détention d’un PEA au sein d’un
patrimoine doit être raisonnée au
regard des objectifs de l’épargnant.
Il n’est pas le seul produit permettant
la gestion d’un capital à
long terme. L’assurance-vie multisupports
et mieux encore le PEP
dans sa version assurance-vie,
peuvent l’emporter avantageusement
par rapport au PEA. Seul
problème : il n’est plus possible
d’ouvrir de nouveaux PEP depuis
le 25 septembre 2003.
Quelques règles de fonctionnement du PEA
1. Un seul plan par personne physique
2. Deux plans au maximum par foyer
fiscal
3. Plafond de versement : 132 000 € par
plan
4. Coexistence d’un compte titre et d’un
compte espèces
Trucs et Astuces
1. PEA à versements programmés : une
formule d’abonnement en bourse
idéale pour lisser le prix de revient de
son investissement
2. PEA version assurance : cumul des
avantages du PEA et du contrat de
capitalisation (avec par exemple le
plafonnement ISF).
3. Si la gestion de votre PEA ne vous
satisfait pas, il est possible de le
transférer dans un autre établissement.
Des contraintes particulières
1. La cession (donation par exemple)
d’un PEA est interdite
2. Le décès du titulaire du PEA entraîne
obligatoirement sa clôture.
Didier LEURQUIN
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