Suite au Grenelle de l’Environnement, le Ministère de l’Environnement a décidé la mise en place d’un Plan de Performance Energétique (Plan Borloo) le 17 novembre 2008 comportant plusieurs volets :
En exploitation agricole, une diversification en production d’énergie peut se faire à partir de biomasse (biogaz, bois,…), de l’éolien ou du photovoltaïque.
La production d’électricité à partir de panneaux photovoltaïques peut être intéressante pour les raisons suivantes :
Cette technologie est davantage développée dans d’autres pays comme l’Allemagne, et le plan Borloo prévoit un développement de production photovoltaïque multiplié par 400 d’ici 2020 !
Les panneaux solaires sont composés
essentiellement de semi-conducteur
(silicium). Ils captent la lumière et la
transforment en courant continu.
Ce courant doit passer par des
onduleurs pour être transformé en
courant alternatif, puis comptabilisé
dans un compteur pour être réinjecté
sur le réseau Basse Tension
d’EDF. La puissance du système est
mesurée en Watt-crête (Wc), qui
est la puissance mesurée dans les
conditions optimales de production.
Il faut 8 à 10 m² de panneaux pour
produire 1 KWc. Un panneau produit
même l’hiver sous nos latitudes,
car c’est la lumière et non seulement
le soleil qui fait son efficacité.
La production peut être au maximum
de 900 à 1000 KWh par KWc
dans nos régions, en fonction de la
localisation géographique et du type
de panneau.
Pour maximiser la production, les
toitures doivent être orientées au
Sud et inclinées à 30°. Toutefois des
toitures orientées au Sud-Est ou au
Sud-Ouest et inclinées à plus de 20°
peuvent garder une efficacité de plus
de 95 % du système.
Marche à suivre pour un projet photovoltaïque • Etudier la cohérence de ce projet avec sa stratégie d’entreprise, |
Depuis 2006, pour favoriser le
développement de cette production,
un arrêté fixe les conditions
de rachat par EDF. Pour être rentable,
il faut bénéficier du tarif de
base, qui concerne les installations
où les panneaux sont intégrés à la
toiture. Le tarif, réévalué chaque
année, est de 0,60 €/KWh en 2009.
Une fois en production, ce niveau
tarifaire est garanti pendant 20 ans,
avec une revalorisation de l’ordre
de 1 à 2 % par an. C’est tout l’intérêt
de cette production.
Ce niveau tarifaire ne sera maintenu
que pour les installations
mises en production d’ici fin 2010.
Il a de fortes chances d’être réduit
de 0,10 €/KWh au-delà de 2010
pour les installations de grandes
surfaces (> 3 KWc).
Le système est très fiable car il
n’y a pas d’usure de pièces en
mouvement. Les panneaux évoluent
technologiquement, mais ils
ont une durée de vie d’au moins
25 à 30 ans et leur production est
garantie dans le temps avec un
petit coefficient de perte annuelle
(0,2 à 0,8 %).
C’est au niveau des onduleurs qu’il
y a le plus de risque de panne. Leur
durée de vie peut être de 8 à 15 ans,
selon les fabricants. Il est important
de prévoir leur remplacement ou
de s’engager dans un contrat de
maintenance.
Ce nouveau marché a vu l’éclosion de nombreux opérateurs commerciaux, des tensions sur l’approvisionnement et diverses propositions d’investisseurs. Vos surfaces de toitures sont l’objet de convoitises ! Au travers des accompagnements de nos adhérents, nous avons relevé différentes formules d’investissement
Chacune de ces organisations
répond à des objectifs différents,
d’où l’importance de se poser les
bonnes questions stratégiques sur
son projet.
Attention aux relations contractuelles
et juridiques dans tous ces
cas de figure !
Le coût d’un investissement dans
une installation photovoltaïque a
régulièrement baissé ces derniers
temps (20 à 30 % en 18 mois), et
il varie en fonction de la taille de
l’installation, du type de matériel,
des coûts de démontage éventuel
d’ancienne toiture et de la distance au
point de raccordement au réseau.
En moyenne, il s’établissait entre
6 et 8 000 €/KWc mais il est tout à fait courant aujourd’hui d’obtenir
des propositions à moins de
5 000 €/KWc.
Investir dans une structure
juridique existante |
Vous avez plusieurs possibilités :
Vous réalisez vous-même
l’investissement en tant que
particulier
Dans ce cas, si l’installation n’excède
pas 3 KWc, vous pouvez bénéficier
d’une exonération d’impôt sur les
revenus issus de la vente d’électricité.
Par ailleurs, vous pouvez bénéficier
d’un crédit d’impôt sur le revenu
de 50 % du coût des équipements
de production d’énergie.
Au-delà du seuil de 3 KWc, les
revenus sont imposables.
Vous réalisez les investissements
dans le cadre de votre activité
professionnelle
Vous avez la possibilité d’investir au
sein de votre exploitation agricole
ou viticole ou d’exercer l’activité
photovoltaïque au sein d’une exploitation
individuelle distincte.
Dans tous les cas, vous pouvez
alors imposer les résultats BIC
photovoltaïques dans la catégorie
des BA, dans la limite des seuils de
100 000 € et 50 % des recettes
issues de l’activité agricole.
NB : l’ensemble des recettes issues
d’activités autres qu’agricoles éventuellement
exercées par ailleurs
est compris dans ces seuils.
Si vous choisissez d’investir au sein
d’une société déjà existante, cette
solution présente un inconvénient :
le dépassement des seuils précités
entraîne le passage obligatoire de la
société à l’impôt sur les sociétés.
Notre conseil
L’activité photovoltaïque est
une activité commerciale
par nature et non agricole.
Ainsi, les sociétés de type
commercial (telles que la
Société à Responsabilité
Limitée SARL), sont plus
particulièrement adaptées à l’exercice d’une activité
photovoltaïque.
Notre mise en garde
Un bail rural ne peut porter que
sur un bâtiment à vocation exclusivement
agricole. Aussi, le fait d’exercer
une activité photovoltaïque sur
le toit d’un bâtiment loué par bail
rural présente un risque important
de remise en cause du statut du fermage
et donc de résiliation du bail
par le bailleur, et ce, sans indemnité.
C’est pourquoi nous vous recommandons
vivement de ne pas installer
de panneaux photovoltaïques sur un
bâtiment loué par bail rural.
L’installation de panneaux photovoltaïques
entraîne une modification
de l’aspect extérieur du bâtiment et
nécessite le dépôt d’une déclaration
préalable en mairie.
Vous trouverez le détail de cette
procédure dans le n°179 de CDER
Infos (de janvier 2009).
La TVA
Seule la production d’électricité
photovoltaïque inférieure à 3 KWc
n’est pas assujettie à la TVA.
La taxe foncière
Désormais, l’exercice d’une activité
photovoltaïque sur la toiture
d’un bâtiment agricole ne remet
plus en cause l’exonération de
taxe foncière.
La taxe locale d’équipement
(TLE)
Dans certaines communes, la TLE
s’applique sur les opérations de
construction, reconstruction et
agrandissement de bâtiments.
La taxe professionnelle (TP)
Par principe, l’activité photovoltaïque
est soumise à la taxe professionnelle.
Toutefois, des mesures de réduction
de TP, voire d’exonération, peuvent
s’appliquer sous certaines conditions.
Pour les particuliers
Des cotisations sociales sont dues
dans le régime des travailleurs non
salariés (TNS) si le particulier est
inscrit au Registre du commerce et
des sociétés (mais ce critère à lui
seul est insuffisant) ou est assujetti à la TP en tant que commerçant.
Pour les exploitants individuels
et les sociétés agricoles
S’ils restent dans les limites
fiscales des activités accessoires
(100 000 € et 50 % des BA), les
revenus de l’activité photovoltaïque
sont globalisés avec les BA et
l’ensemble est soumis à cotisations
sociales.
Pour les sociétés commerciales
Des cotisations sociales sont dues,
que la société exerce d’autres activités
ou uniquement une activité
photovoltaïque. Le régime d’affiliation
dépend du statut occupé dans
la société...
Les aspects juridiques, fiscaux et sociaux d’un projet photovoltaïque doivent faire l’objet d’une étude adaptée à chaque situation. N’hésitez pas à vous rapprocher de votre comptable ou ingénieur conseil pour lui exposer votre projet.
Contrairement à la plupart des
projets agricoles, un projet photovoltaïque
ne nécessite pas de main
d’oeuvre spécifique. Le raisonnement économique du projet s’appuiera
donc principalement sur la rentabilité
des capitaux investis.
La rentabilité du projet dépend
essentiellement des coûts d’investissement
: 80 % du coût de production
sont liés à l’investissement
de départ. La rentabilité nette
varie entre 2 et 5 %. Les temps
de retour sur investissement sont
plutôt longs : entre 10 et 15 ans.
Cette activité est assez nouvelle et
sujette à beaucoup de préjugés.
Elle bénéficie d’un concours de
circonstances assez favorables
aujourd’hui :
Elle mérite donc d’être étudiée. Mais l’euphorie sur ce marché et la multiplication des offres commerciales doivent être tempérées. Vous devez rester lucide et circonspect et vous faire accompagner par des interlocuteurs indépendants de tout installateur.
Bruno HUBERT et Claire BITEAUD
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