Le 30 octobre 2008, toutes les régions viticoles françaises participaient à une journée de mobilisation pour dénoncer la nouvelle loi de Roselyne BACHELOT.
Ce s derniers jours, la ministre de la Santé souffle le chaud et le froid sur la filière viticole : d’un côté le projet de loi "Hôpital, patients, santé et territoires" interdit de vendre du vin dans les stations services, ou de proposer des dégustations gratuites dans les foires, salons, voire même les caveaux. De l’autre, dans une interview confiée au Figaro, Roselyne BACHELOT annonçait qu’elle ne s’opposerait pas "à un amendement parlementaire" actualisant la loi Evin "en autorisant la publicité sur Internet" pour l’alcool. Devant le manque de clarté des intentions gouvernementales, les vignerons ont donc choisi de rester vigilants et de se mobiliser.
Cette première action du 30 octobre s’est déroulée
dans plus d’une dizaine de villes des différents
vignobles français. Il ne s’agissait pas d’une
opération de masse, mais surtout d’interpeller
les élus et l’opinion publique par des actes
symboliques. C’est ainsi que les panneaux
d’entrées de communes viticoles furent barrés
d’une affichette "censuré". Ce fût le cas notamment à Bordeaux où Alain JUPPE, Maire de la ville, a
souligné que, dans la lutte contre l’alcoolisme "ce
n’est pas la prohibition qui peut être efficace, tous
les exemples historiques l’ont démontré". Pendant
ce temps, à Nantes, une "dégustation à vide" a
eu lieu. On vous y servait des verres vides pour
dénoncer le projet d’interdiction des dégustations.
Ailleurs encore, sur un stand au marché, des
vignerons avaient disposé des bouteilles entourées
de barbelés. A Epernay, les présidents de l’UMC
(Union des Maisons de Champagnes) et du SGV
(Syndicat Général des Vignerons) ont descendu
ensemble l’avenue de Champagne derrière la
banderole "Laissez nous parler de nos vins".
Selon Pascal BOBILLET-MONNOT, Directeur du CNAOC (Confédération Nationale des producteurs de vins d’Appellation d’Origine Contrôlée), après cette mobilisation symbolique du 30 octobre,"la deuxième phase appellera les vignerons à la mobilisation de masse dans la rue" si leurs revendications n’étaient pas entendues.
Modernisation de la loi Evin : les promesses de la Ministre Roselyne BACHELOT s’est dite favorable à l’autorisation de la publicité sur Internet, mais avec des "gardes fous". Ce sera notamment le cas avec l’interdiction des techniques intrusives, telles que les "pop-ups" ou les "spams", ces publicités qui surgissent spontanément alors que vous naviguez sur le web. La promotion de l’alcool devra également être assortie de messages sanitaires parfaitement visibles et adaptés à Internet. Enfin, les sites dédiés à la jeunesse, au sport et aux activités physiques, devront être absolument exclus du champ d’application de la loi. |
Bertrand TREPO
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