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Bulletins de liaison n°178

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Economie

SOMMAIRE

Retournement du marché immobilier au 3ème trimestre 2008

Le ralentissement du marché immobilier tant dans le neuf que dans l’ancien est spectaculaire au cours du dernier trimestre.
Si les prix n’ont encore subi que peu d’influence, la fin de l’année 2008 se traduira vraisemblablement par de véritables réajustements.

Rupture de tendance : dans l’ancien, les prix sont désormais clairement orientés à la baisse

Le troisième trimestre 2008 voit les prix de l’immobilier ancien reculer de 2,9 % selon la FNAIM.
Le recul est plus marqué pour les appartements (-5,1 %) que pour les maisons (-1,2 %) avec desécarts très conséquents d’une région à l’autre.

Variation annuelle
des prix en %
2006 2007 2008
Ouest 9,8 3,6 -0,3
Ile de France 6,7 4,8 0,5
Nord et Est 10,1 6,6 -0,4
Sud-Ouest 6,0 0,3 0,9
Centre et Alpes 8,2 4,8 0,7
Sud-Est 8,6 6,6 -1,1
France entière 8,0 4,7 0,1

Source FNAIM 4 derniers trimestres/4 trimestres précédents

Au-delà d’une baisse des prix de vente encore modérée, le marché est en forte décroissance en volume (de l’ordre de 25 %). Dans ce contexte, la réelle baisse des prix est devant nous…
En effet, la relative bonne tenue des prix de vente tient pour l’instant au fait que les vendeurs n’ont pas encore intégré la nouvelle donne du marché face à des acquéreurs attentistes.
Pour de nombreux observateurs, la correction sera rapide et brutale au cours du dernier trimestre 2008.
Même si les fondamentaux des marchés immobiliers français ne ressemblent pas à ceux des Etats-Unis (endettement des ménages plus faible, épargne plus élevée, distribution encadrée des crédits…), la crise financière impacte l’immobilier, devenu suspect aux yeux des investisseurs.

Les conditions de crédit sont aujourd’hui bien moins favorables :
- Exigence d’un apport personnel de l’ordre de 20 %,
- Durée plus courte des emprunts : les prêts d’une durée supérieure à 20 ans redeviennent rares. En un trimestre, la durée moyenne des prêts a diminué de 3 mois alors qu’elle s’était allongée de 9 mois en 2007.
- Le taux moyen passe à environ 5,5 %, écartant du marché les primo accédants et les ménages les moins aisés qui représentaient 15 % de la demande.

Si la baisse des prix ne prend pas une ampleur de nature à décourager l’offre, la correction des cours peut contribuer à rendre plus de solvabilité à une partie des ménages.
Toutefois, l’équilibre du marché se fera si le problème de l’accès au financement est résolu.
Pour ce faire, les institutions financières françaises doivent se recentrer sur leur marché domestique et tout particulièrement sur l’immobilier.
Les signes politiques forts de ces dernières semaines devraient les y inciter.
Dans notre région les prix stagnent, à l’exception notable de Reims qui suit la tendance nationale :

Prix du m² à la vente 2ème trim. 2008 3ème trim. 2008 % de variation du trimestre
Metz 2 204 2 219 +0,66
Nancy 2 122 2 156 +1,60
Reims 2 304 2 237 -2,90

Source FNAIM

Le neuf toujours en difficulté

La construction de logements neufs est toujours en panne et de nombreux projets sont différés par les promoteurs.
Premières conséquences : quelques dépôts de bilan et le recours beaucoup moins important à l’intérim dans le secteur du bâtiment.
Le groupe NEXITY n’hésite pas à brandir le spectre d’un chômage massif si la crise dure. Peut-être veut-il inciter le Gouvernement à maintenir, voire développer, les incitations fiscales à l’investissement immobilier neuf ?
Dans ce contexte, on peut s’interroger sur le contenu final de la loi logement de Madame BOUTIN et en particulier sur la chasse aux niches fiscales…

Les loyers repartent à la hausse

Le fort ralentissement des mises en chantier et l’impossibilité pour certains candidats d’obtenir un crédit pour l’accession à la propriété redynamise le marché locatif.
La croissance des loyers pour 2008 est de l’ordre de 2,4 % selon la FNAIM contre seulement 0,9 % en 2007.

Variation annuelle
des prix en %
2006 2007 2008
France entière 3,7 0,9 2,4

Source FNAIM

Pour la région, les chiffres sont supérieurs à la moyenne nationale et attestent d’un marché locatif assez dynamique dans les grandes villes.

  Prix du m² à la location % variation annuelle Rentabilité brute moyenne en %
Metz 9,43 3,3 5,1
Nancy 9,59 4,4 5,3
Reims 10,03 3,6 5,4

Source FNAIM

Perspectives

La crise est aujourd’hui bien présente. Elle se traduit par une baisse des prix de vente sur l’ensemble du territoire, mais bien entendu de façon contrastée selon les agglomérations.
Quelle sera l’ampleur de cette baisse ?
Et surtout quand le marché fonctionnera-t-il de nouveau convenablement ?
La réponse à la première question va dépendre de la capacité de résistance des vendeurs : ils sont encore 78 % à penser que leur prix ne doit pas être négocié, alors que 93 % des acquéreurs potentiels espèrent une baisse des prix.
Déjà, sous l’effet des prêts relais arrivant à échéance, et d’une certaine irrationalité, certains biens voient leur prix diminuer de 20 à 40 %...
Quant à la reprise du marché en volume, elle va dépendre en premier lieu de l’attitude des banques et du rétablissement de la confiance indispensableà des engagements sur le long terme.

Brèves

Pendant ce temps aux USA…
Au mois d’août 2008, les promesses de vente aux Etats-Unis ont atteint leur plus
haut niveau depuis juin 2007 selon le groupement national des agents immobiliers
américains (NAR). Sur un an, la hausse du nombre de promesses de ventes est de
8,8 % avec des pointes à 15 % dans les Etats les plus touchés par la crise, donc ceux où les prix ont le plus baissé.

Madame BOUTIN ne désarme pas
Malgré l’opposition de BERCY, la ministre du logement continue à réclamer des
mesures incitatives dans cette période de crise : instauration d’un taux de TVA à
5,5 % dans les régions qui manquent de logements, mise à disposition de terrains
appartenant à l’Etat pour construire, exonérations d’ISF pour les investissements
réalisés dans le locatif social…

Déjà quelques mesures concrètes
Après l’annonce par le Président de la République de l’ouverture plus large du prêt
d’accession sociale (PAS), sécurisé par un fonds de garantie, certaines collectivités
ont décidé de doubler le montant du prêt à taux zéro pour soutenir le marché.

Fabien VOARINO

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