Nos "rencontres viticoles" du mois d’octobre dernier étaient réservées aux viticulteurs abonnés en conseil. Elles ont été l’occasion de s’interroger sur les répercussions d’une conjoncture mondiale instable sur leurs exploitations.
Les incertitudes ont toujours existé. Elles font partie intégrante de la gestion de l’entreprise et évoluent avec le temps. Voyons les principales incertitudes auxquelles est exposé un viticulteur.
Le rendement
Il s’agit de la base de la production et du chiffre
d’affaires. Si les appellations sont importantes
depuis ces dernières années, elles ne sont pas
forcement atteintes par tous. Les diversités de
situations s’accentuent : selon les villages, le
cépage, les rendements varient.
Le marché
Le risque marché concerne tous les événements
qui vont influencer la variation d’un prix de vente
et d’un volume pour les bouteilles de Champagne.
Un ralentissement des ventes serait enregistré en
2008. N’oublions pas que l’année 2007 est l’année
de tous les records : 339 millions de bouteilles
vendues contre 327 millions lors du passage à l’an 2000. Selon les premières analyses, ce
ralentissement serait dû à la crise financière qui
touche les pays parmi les plus consommateurs de
Champagne comme les Etats-Unis ou la Grande-Bretagne. Les pays émergents, tels que la Chine,
l’Inde ou le Brésil, pourraient compenser une
partie de cette baisse des ventes. Mais vous êtes
encore très peu nombreux à exporter dans ces
pays. En effet, les contraintes administratives
et la recherche de distributeurs locaux "sûrs"
rendent la tâche plus difficile. Il reste encore des
possibilités dans des pays moins lointains, comme
chez nos voisins scandinaves, où la culture est plus
proche de la nôtre et l’accès plus aisé. Pour vous, le
risque marché existe si les négociants se replient
sur le marché français suite à une baisse notable
de leurs ventes à l’export.
La réglementation environnementale
L’environnement est au coeur des débats
politiques. Des obligations réglementaires vous
obligent à des investissements supplémentaires
et à modifier certaines pratiques. Le Grenelle
de l’environnement apportera d’autres lots de
décisions qu’il vous faudra également appliquer.
Les décisions politiques
La filière viticole connaît à son tour son OCM
(Organisation Commune de Marché). Celle-ci
mettra notamment fin aux droits de plantation.
Quel sera alors l’avenir du paysage viticole
champenois suite à la nouvelle aire de production ?
Le nouveau cahier des charges établi suite à
la réforme de l’INAO (Institut National des
Appellations d’Origine) pourra-t-il lever cette
inquiétude ?
Enfin, la loi Evin complique la promotion des vins,
alors que l’OCM vin fait de la communication un axe
de modernisation de la viticulture européenne.
Chacun d’entre vous doit mesurer le degré de risque pour chaque incertitude afin de pouvoir vous adapter à ce contexte et de mettre en place les outils nécessaires. Nous avons listé 4 pistes de réflexion.
Le diagnostic de sensibilité
Cet outil vous permet de mesurer la sensibilité de
votre exploitation face à une perte de rendement,
une perte de chiffre d’affaires.
C’est une combinaison de plusieurs critères :
- le niveau de la réserve individuelle,
- le ratio d’autonomie financière de votre entreprise
(capacité à emprunter),
- le niveau de votre épargne financière (montant
des placements financiers disponibles),
- le niveau des stocks (4 années semblent un niveau
correct, au-delà court le risque "succession"),
- l’assurance récolte (si perte de rendement suite à un aléas climatique).
Selon les niveaux atteints, vous adapterez votre
stratégie.
La maîtrise de vos coûts de production
Chaque année, les "Références du vignoble
champenois" ainsi que l’analyse de groupe
personnalisée permettent de comparer votre
exploitation aux autres selon plusieurs critères économiques.
La réglementation environnementale
Le Copilote Viticulture Durable vous permet
d’aborder sous forme de fiches techniques la
réglementation en matière d’environnement, de
qualité, d’hygiène et de sécurité.
La création de valeur
Le prix reste un axe stratégique majeur pour
assurer la création de valeur (cf article CDER
Infos n°175).
Le contexte instable ne doit pas remettre en cause
les principes de base du marketing : le produit,
la place, le prix et la publicité (cf schéma
ci-contre).
Le Guide Pratique de Commercialisation vous
permettra prochainement de mettre en place
ces fondamentaux selon votre propre politique
commerciale. L’oenotourisme est également un élément de création de valeur. La candidature des
paysages de Champagne au patrimoine mondial
de l’UNESCO s’inscrit dans cette volonté.
Faces aux incertitudes, CDER vous accompagne :
- pour créer de la valeur, maintenir ses ventes : le
Guide Pratique de Commercialisation (présentation
en 2009)
- pour limiter les risques environnementaux : le
copilote viticulture durable,
- pour diversifier le risque, pour définir une stratégie,
- pour maîtriser vos charges : vos conseillers.
Votre capacité d’adaptation à un monde qui bouge
est une force. Avec l’aide des outils présentés
ci-dessus, vos conseillers sont là pour vous
accompagner dans la mise en place d’une stratégie
adaptée à vos besoins et à vos objectifs.
Evolution de la marge de vos bouteilles de champagne La conjoncture économique est instable. Un ralentissement des ventes de Champagne est
prévisible. Dans ce contexte, il est important de maintenir sa politique tarifaire. Lors de nos "rencontres viticoles", nous avons présenté le détail des marges brutes de la bouteille en 2001 et 2007. Ces chiffres ressortent de nos "références du vignoble champenois". En 2001, le Champagne était vendu en moyenne à 9,32 € HT. Si on applique le coefficient
d’érosion monétaire (12,2 %), en 2007, ce Champagne "vaut" 10,46 € HT. Aujourd’hui,
nos moyennes montrent un prix de vente de 10,51 € HT. En parallèle, en 2001, les charges à la bouteille sont estimées à 5,59 € HT. Si on applique
le coefficient d’érosion monétaire, ces charges "valent" 6,27 € HT en 2007. Aujourd’hui,
nos moyennes les estiment à 6,11 € HT. En 2001, la marge brute par bouteille était de 3,73 €/col. Si on applique le coefficient d’érosion monétaire, en 2007, la marge brute "vaut" 4,18 € HT. Aujourd’hui, nos moyennes l’estiment 4,40 €/col.
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