Les agriculteurs ont la possibilité aujourd’hui de diversifier leurs cultures et leurs
productions comme rarement ils l’ont eu au cours des 20 dernières années.
Chanvre, fécule, oeillette, graminées fourragères, volailles... sans oublier les
productions plus connues betteraves et luzerne. Toutes ces filières implantées
localement recherchent des producteurs.
Ne laissons pas les trains passer !
Première pierre de la gestion des risques :
ne pas mettre tous ses oeufs dans le même
panier.
Les risques agricoles prennent une ampleur jamais égalée par le passé. Ces risques sont d’ordre divers :
- Risque prix
Les politiques agricoles, européennes dans le
cadre de la PAC, et internationales dans le cadre
de l’OMC, prônent la libéralisation des marchés et
du commerce : abandon de l’intervention, abandon
des quotas, découplage des aides, baisse de la
protection aux frontières... Toutes ces propositions
tendent à mettre l’agriculteur en prise directe avec
les marchés. Or, on connaît la volatilité extrême
des marchés internationaux des grandes matières
premières agricoles (voir graphique ci-dessous),
surtout depuis que les fonds spéculatifs s’intéressent à ces marchés. Cette volatilité non prévisible est
partiellement maîtrisable par l’utilisation d’outils
de sécurisation (prix moyens, options...) mais elle
reste beaucoup plus forte que par le passé. Face à cette volatilité, la première règle de protection
pour les agriculteurs consiste à diversifier leurs
productions.
En effet, retenir des productions dont les cours évoluent indépendamment parce qu’ils ne répondent
pas aux mêmes marchés est une bonne règle de
gestion. De plus, les productions précitées ont des
volatilités de prix payés aux producteurs beaucoup
moins fortes que les productions mondialisées.
- Risque rendement
Le risque a toujours existé. Il a même régressé au
cours des 30 dernières années avec l’utilisation
massive des produits phytosanitaires. Cependant,
la réduction prévue dans le cadre d’écophyto 2018
de l’utilisation de matières actives va contribuer à
accroître ce risque. L’accident climatique ou cultural
sur une production aura globalement moins
d’importance dans un assolement diversifié que
dans un assolement composé de 3 ou 4 cultures.
Atout environnemental
Le plan ecophyto 2018 prévoit, si possible, une
réduction de moitié de l’usage des pesticides d’ici
10 ans et la suppression progressive des molécules
les plus dangereuses. Or, la principale alternative
au tout phyto, c’est la présence de nombreuses
cultures dans l’assolement, afin de casser les
cycles des mauvaises herbes, des maladies et
des insectes, par la succession de familles de
cultures et par l’alternance de semis d’hiver et de
printemps. Tous les agronomes le disent : il est
pratiquement impossible de réduire l’utilisation
des produits phytos sur des rotations de 3 cultures
sans hypothéquer les rendements.
On peut ajouter que le chanvre, la luzerne et
l’oeillette sont des cultures particulièrement
adaptées à ce plan ecophyto car elles sont peu
consommatrices de produits phytos.
Atout local
A l’heure où les coûts de transport sont appelés à
augmenter dans les années à venir, avoir un outil
agro-industriel à proximité de son exploitation
est un atout indéniable. C’est un gage de sécurité
pour l’avenir de la production. Il faut également
reconnaître qu’il est plus facile pour un agriculteur
ou un groupe d’agriculteurs de discuter contrat,
qualité du produit, prix... avec un opérateur local
que l’on connaît.
Enfin, ces agro-industries créent de l’emploi et de
l’activité, payent des impôts locaux et contribuent
ainsi au développement du milieu rural.
A titre d’exemple, la filière volaille locale est
complètement intégrée à la région : de l’éleveur
jusqu’au consommateur en passant par le
groupement de producteurs, le fabricant d’aliments,
le transporteur, l’abattoir et la distribution. Tous sont
implantés dans la région.
Atout innovation
Le développement de ces entreprises est basé sur
des marchés innovants et émergents promis à un
bel avenir. C’est le cas notamment du chanvre ou de
la fécule. Pour les producteurs, c’est aussi rassurant
et passionnant de participer au développement
d’une filière d’avenir.
Même si la rentabilité de ces cultures est en
moyenne légèrement supérieure à celles des cultures
classiques, ce n’est pas leur atout principal.
Leur intérêt réside dans la diversité, la stabilité, la
durée et la préparation de l’avenir tant sur le plan
environnemental que sur le plan de débouchés
prometteurs. Beaucoup d’autres régions aimeraient
avoir ces possibilités de diversification. Alors,
prenons les places tant qu’elles sont disponibles.
Jean-Marie LETT
Les Ingénieurs Conseil CDER sont à votre
disposition pour étudier avec vous l’intérêt de
ces productions dans le cadre de votre projet
professionnel.
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