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Bulletins de liaison n°178

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Economie

SOMMAIRE

Diversification : Agro-industrie recherche matière première !

Les agriculteurs ont la possibilité aujourd’hui de diversifier leurs cultures et leurs productions comme rarement ils l’ont eu au cours des 20 dernières années. Chanvre, fécule, oeillette, graminées fourragères, volailles... sans oublier les productions plus connues betteraves et luzerne. Toutes ces filières implantées localement recherchent des producteurs.
Ne laissons pas les trains passer !

Pourquoi diversifier ses productions ?

Première pierre de la gestion des risques : ne pas mettre tous ses oeufs dans le même panier.
Les risques agricoles prennent une ampleur jamais égalée par le passé. Ces risques sont d’ordre divers :
- Risque prix
Les politiques agricoles, européennes dans le cadre de la PAC, et internationales dans le cadre de l’OMC, prônent la libéralisation des marchés et du commerce : abandon de l’intervention, abandon des quotas, découplage des aides, baisse de la protection aux frontières... Toutes ces propositions tendent à mettre l’agriculteur en prise directe avec les marchés. Or, on connaît la volatilité extrême des marchés internationaux des grandes matières premières agricoles (voir graphique ci-dessous), surtout depuis que les fonds spéculatifs s’intéressent à ces marchés. Cette volatilité non prévisible est partiellement maîtrisable par l’utilisation d’outils de sécurisation (prix moyens, options...) mais elle reste beaucoup plus forte que par le passé. Face à cette volatilité, la première règle de protection pour les agriculteurs consiste à diversifier leurs productions.
En effet, retenir des productions dont les cours évoluent indépendamment parce qu’ils ne répondent pas aux mêmes marchés est une bonne règle de gestion. De plus, les productions précitées ont des volatilités de prix payés aux producteurs beaucoup moins fortes que les productions mondialisées.

- Risque rendement
Le risque a toujours existé. Il a même régressé au cours des 30 dernières années avec l’utilisation massive des produits phytosanitaires. Cependant, la réduction prévue dans le cadre d’écophyto 2018 de l’utilisation de matières actives va contribuer à accroître ce risque. L’accident climatique ou cultural sur une production aura globalement moins d’importance dans un assolement diversifié que dans un assolement composé de 3 ou 4 cultures.

Atout environnemental
Le plan ecophyto 2018 prévoit, si possible, une réduction de moitié de l’usage des pesticides d’ici 10 ans et la suppression progressive des molécules les plus dangereuses. Or, la principale alternative au tout phyto, c’est la présence de nombreuses cultures dans l’assolement, afin de casser les cycles des mauvaises herbes, des maladies et des insectes, par la succession de familles de cultures et par l’alternance de semis d’hiver et de printemps. Tous les agronomes le disent : il est pratiquement impossible de réduire l’utilisation des produits phytos sur des rotations de 3 cultures sans hypothéquer les rendements.
On peut ajouter que le chanvre, la luzerne et l’oeillette sont des cultures particulièrement adaptées à ce plan ecophyto car elles sont peu consommatrices de produits phytos.

Atout local
A l’heure où les coûts de transport sont appelés à augmenter dans les années à venir, avoir un outil agro-industriel à proximité de son exploitation est un atout indéniable. C’est un gage de sécurité pour l’avenir de la production. Il faut également reconnaître qu’il est plus facile pour un agriculteur ou un groupe d’agriculteurs de discuter contrat, qualité du produit, prix... avec un opérateur local que l’on connaît.
Enfin, ces agro-industries créent de l’emploi et de l’activité, payent des impôts locaux et contribuent ainsi au développement du milieu rural.
A titre d’exemple, la filière volaille locale est complètement intégrée à la région : de l’éleveur jusqu’au consommateur en passant par le groupement de producteurs, le fabricant d’aliments, le transporteur, l’abattoir et la distribution. Tous sont implantés dans la région.

Atout innovation
Le développement de ces entreprises est basé sur des marchés innovants et émergents promis à un bel avenir. C’est le cas notamment du chanvre ou de la fécule. Pour les producteurs, c’est aussi rassurant et passionnant de participer au développement d’une filière d’avenir.
Même si la rentabilité de ces cultures est en moyenne légèrement supérieure à celles des cultures classiques, ce n’est pas leur atout principal.
Leur intérêt réside dans la diversité, la stabilité, la durée et la préparation de l’avenir tant sur le plan environnemental que sur le plan de débouchés prometteurs. Beaucoup d’autres régions aimeraient avoir ces possibilités de diversification. Alors, prenons les places tant qu’elles sont disponibles.

Jean-Marie LETT

Les Ingénieurs Conseil CDER sont à votre disposition pour étudier avec vous l’intérêt de ces productions dans le cadre de votre projet professionnel.

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