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Bulletins de liaison n°178

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Economie

SOMMAIRE

Le retour en grâce de l’Etat providence...

D’abord dispersée, la réponse des Etats à la crise financière devient enfin plus harmonieuse. 2 344 milliards d’euros ont déjà été mobilisés par les pays européens pour restaurer une base de confiance.

Le risque de propagation de la crise financière à l’économie "réelle" est dorénavant avéré. Quels seront l’impact et l’ampleur de ce phénomène ? Bien que cette crise ne nous ait pas encore affectés dans notre quotidien, les prémices d’une contagion sont bien présents avec les indicateurs avancés de conjoncture.

Une crise de confiance

L’ensemble des interventions étatiques, européennes ou américaines, ont abouti dans un premier temps à une véritable cacophonie témoignant d’une évaluation complexe des incidences post crise. Pris de court par les marchés, les responsables politiques internationaux se sont mobilisés et donnent désormais une réponse forte et structurée à ce qui est devenu une crise de confiance.
Les fameux titres "subprimes" détenus par les banques européennes et américaines n’ont pas été nettoyés au niveau bilanciel. De ce fait, ils ont rendu chaque acteur bancaire suspicieux des titres détenus chez son voisin. On voyait apparaître, ici et là derrière des filiales offshore, quelques augmentations de capital ou provisions pour dépréciations d’actifs chez beaucoup d’établissements financiers.
Devant cette défiance, l’équilibre même de notre économie, basé sur la confiance, vacillait. Il entraîna l’ensemble des marchés financiers dans un purgatoire que l’on avait rarement connu. L’irrationalité des marchés que Monsieur GREENSPAN, ancien directeur de la FED (banque centrale américaine) avait exprimée, aboutissait à des excès dans le sens inverse où les cours ne correspondent plus à l’actif net de la société.
Cette purge salutaire devrait nous ramener à nos "bases". Les deux fondamentaux, la confiance dans les acteurs économiques, et l’offre et la demande, devraient ainsi retrouver leur place.

Une addition salée

La réaction orchestrée par les autorités européennes a été tout aussi importante que la violence du krach auquel nous venons d’assister. La facture des pays européens est gigantesque, mais ayons conscience qu’elle aurait été sans commune mesure si rien n’avait été fait. Près de 2 344 milliards d’euros ont été mobilisés pour restaurer les bases d’une confiance envers les intervenants financiers et éviter un assèchement des crédits, outil par excellence de développement et de consommation.
Cet interventionnisme a contribué semble-t-il, à éviter l’effondrement d’un système financier mondial malade de ses propres excès.

Le spectre de la récession

Bien que l’on assiste au crépuscule d’une crise financière mondiale, les prémices d’une contagion à l’économie "réelle" apparaissent nettement dans le flot des dernières statistiques. Une entrée en récession des économies occidentales semble donc se profiler à l’horizon.
D’abord dispersée, la réponse des Etats à la crise financière devient enfin plus harmonieuse. 2 344 milliards d’euros ont déjà été mobilisés par les pays européens pour restaurer une base de confiance.
L’anticipation d’une contraction conséquente de la croissance mondiale provoque l’effondrement des matières premières : pétrole, blé, colza… réduisant ainsi les pressions inflationnistes. Le pouvoir d’achat risque d’être entamé par un recul de l’activité économique dont très peu de pays seront épargnés.
Même si les banques centrales ont conduit de concert des politiques accommodantes en matière de politique monétaire, elles offrent aux établissements bancaires une profusion de liquidités pour le marché du crédit. Néanmoins, les principaux indicateurs de confiance dans l’industrie, IFO (Allemagne), PMI (Europe), sont en net repli. Avec un recul aussi violent, les anticipations de ces indicateurs atteignent ainsi leurs plus bas niveaux depuis 35 ans.

"Le ver est dans le fruit"

Les marges de manoeuvre de relances budgétaires sont trop limitées pour envisager un plan de relance économique. On imagine l’étendue de la tâche pour retrouver le chemin de la croissance, qui pourrait arriver au plus tôt pour 2010. En effet, pour le moment les indicateurs directeurs d’achats démontrent l’inefficacité des politiques menées. Lançons cependant un message d’espoir "Change we can" dixit Barach OBAMA.

François DEBEAUVAIS

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