Que sont devenues les belles certitudes des années 80 selon lesquelles le marché régule tout et régulera tout pendant des décennies et des décennies ?
Aujourd’hui, le pays le plus libéral du monde vole au secours des fleurons de la finance en les nationalisant. Qui aurait pu imaginer cela il y a quelques mois ? L’épargnant "plumé" et le citoyen "lambda" paieront donc la facture d’une crise qui a bien tardé à dire son nom.
Ne cherchez pas les responsables puisqu’il s’agit d’un système et que les systèmes, contrairement aux lampistes, ne peuvent être emprisonnés. Il faut donc se contenter d’analyser les causes pour éviter qu’à l’avenir on ne nous y reprenne...
La particularité de cette crise financière tient au fait que la finance est très fortement mondialisée et que tous les opérateurs se sont trouvés mouillés et impliqués. Il semble en effet qu’aucun acteur n’ait pu échapper au développement excessif des pratiques spéculatives et à l’abus de crédit. Quant au citoyen de base, gavé de produits d’épargne toujours plus prometteurs bien que de plus en plus abstraits, il a rapidement perdu son latin. Mais l’espoir de réaliser les profits mirifiques annoncés lui a fait perdre son bon sens et il a confié le sort de ses économies à de multiples institutions dont le principal objectif était d’engranger des bénéfices.
Les limites ont donc été atteintes et reste à savoir si cette crise financière contaminera ou non l’économie réelle ? Poser la question, c’est déjà y répondre, puisque, dans la nécessité de sauvegarder leurs résultats, les banques sont devenues de plus en plus sélectives en privant dès maintenant la "vraie économie" des liquidités dont elle a besoin.
Dans ce contexte, quel peut être l’impact d’une LME (Loi de Modernisation de l’économie) à l’échelle de la France ? Plus globalement, en présidant encore pour quelques mois les destinées de l’Union Européenne, la France saura-t-elle donner l’impulsion politique nécessaire pour que le monde de la finance retrouve, à partir de la vieille Europe, une éthique que la quête effrénée des profits lui a fait perdre ?
Au-delà des interrogations que chacun exprime pour son entreprise en cette rentrée, voilà des questions qui appellent des réponses pour éclaircir un paysage particulièrement
obscurci.
Le Directeur
Hubert CARTEL
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