Avec plus de 500 €/ha en Champagne et plus de 400 €/ha dans les autres régions, le revenu agricole estimé en 2008 sera plus faible qu’en 2007, mais reste nettement supérieur à la moyenne sur 5 ans.
La récolte 2008 se caractérise par :
Historiquement, les assolements étaient d’une grande stabilité dans la région. La hausse récente des prix agricoles vient perturber cette stabilité.
En 2008, colza, luzerne, betteraves et protéagineux ont perdu de 5 à 20 % de leur surface au profit des seules céréales ; blé, orge, maïs sont en hausse de 2 à 13 %.
Exceptés l’orge de printemps et les protéagineux (pois et féveroles), toutes les autres cultures voient leur rendement baisser par rapport à la moyenne 5 ans. 2008 va à nouveau confirmer le fort ralentissement des hausses de productivité de la plupart des cultures dans notre région.
C’est d’autant plus inquiétant que les régions avec lesquelles nous avons l’habitude de comparer nos rendements : Normandie, Picardie, Nord Pas de Calais ont réalisé d’excellents rendements, supérieurs à 90 q/ha en blé.
D’après les techniciens, cette contre-performance n’est pas due à des impasses techniques, mais à une météo défaillante pendant la floraison : pluie, froid, manque de rayonnement...
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Certes, la récolte 2008 est loin d’être complètement commercialisée. Pourtant, on peut déjà tirer quelques tendances : excepté le prix du blé, la quasi totalité des prix des autres cultures sera en hausse par rapport à la récolte 2007. Les plus spectaculaires sont l’orge de printemps et le colza. Il ne faut pas oublier les cultures "diversifiées" qui ont réussi à augmenter leur prix en 2008 : il s’agit notamment de la pomme de terre fécule et de la luzerne.
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En 2008, les hausses les plus spectaculaires concernent les intrants et notamment les engrais.
Ainsi, les charges proportionnelles augmentent de 90 €/ha, soit +20 % !
Ces hausses sont dues :
- à l’inflation sur les prix d’achat comme pour toutes les autres matières premières,
- aux modifications d’assolement : plus de céréales et moins de protéagineux ou luzerne entraînent des consommations d’azote et de produits de santé des plantes supplémentaires,
- aux pratiques des agriculteurs : les cours élevés ont encouragé les agriculteurs à pratiquer "des traitements d’assurance".
Les charges de structure ont elles aussi commencé "leur dérapage". Nous estimons la hausse à plus de 60 €/ha. Quatre postes sont principalement concernés :
- La hausse des charges sociales familiales sera très variable d’une exploitation à une autre (de 0 à 30 €/ha) selon la prise en compte dans l’assiette de calcul de la bonne récolte 2007.
- Les carburants continuent leur ascension avec une hausse supérieure à 20 %.
- Enfin, les amortissements et frais financiers sont en hausse de 30 €/ha. En effet, ils sont la conséquence de l’important renouvellement de matériel réalisé au cours du second semestre 2007 et du premier semestre 2008.
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L’année sera difficile pour les éleveurs de porcs. La forte hausse des prix de l’aliment du bétail n’a pas été entièrement répercutée sur les prix de vente, d’où une perte maximum de 30 €/porc en début d’année. Heureusement, la hausse récente des cours permet d’atteindre un nouvel équilibre.
Les éleveurs de volailles ont réussi à maintenir leurs marges malgré la hausse des coûts de production.
Les éleveurs de bovins viande continuent de souffrir de la FCO (Fièvre Catharrale Ovine).
Par contre, les éleveurs laitiers ont bénéficié de la hausse du prix du lait sur le premier semestre. Le deuxième semestre sera moins favorable avec des prix du lait à nouveau à la baisse.
Enfin, les éleveurs bénéficient d’un nouvel atout avec les fumiers et lisiers, dont la valeur grimpe avec la hausse des prix des unités fertilisantes.
Ainsi, un poulailler de 1 300 m² produit 200 T de fumier par an, soit l’équivalent de 8 000 € d’engrais.
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En moyenne, le revenu agricole perd plus de 100 €/ha en 2008.
Il reste toutefois supérieur de 25 à 30 % à la moyenne des revenus agricoles dégagés au cours des 5 dernières années.
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A l’heure des premiers semis pour la récolte 2009, il est bien sûr trop tôt pour vous donner un niveau prévisionnel de revenu.
Toutefois, les premières tendances laissent présager une baisse des revenus 2009 :
Les prix de vente des cultures à la baisse
Les bons niveaux de cours, de l’automne au printemps, ont été bénéfiques pour la récolte 2008.
Par contre, les niveaux de prix des marchés à terme pour la récolte 2009 commencent à des niveaux plus faibles. Cela s’explique par l’excellente productivité partout dans le monde en 2008. La récolte de blé en 2008 est estimée à 670 MT dans le monde, soit un rendement mondial de 30 q/ha jamais atteint par le passé qui va permettre de reconstituer en partie les stocks. D’autant plus que la récession mondiale qui se profile va freiner la croissance et la demande de matières premières agricoles y compris dans les pays émergents.
La hausse des charges sera importante
Certes la récession qui se profile entraînera aussi un ralentissement de la hausse des charges sur les exploitations. C’est notamment le cas des intrants, des carburants et du matériel.
Toutefois, certaines charges sont déjà engagées à des prix très élevés : par exemple, les engrais de fond pour la récolte 2009 sont pour la plupart déjà épandus avec des hausses supérieures à 100 €/ha par rapport à 2008.
D’autres sont la conséquence des résultats ou des décisions prises en 2007 et 2008 : les charges sociales 2009 basées sur les revenus passés seront encore en forte hausse. Il en sera de même pour les amortissements et les frais financiers, conséquence des décisions de renouvellement du matériel 2007 et 2008.
Globalement, on estime que les charges augmenteront de 200 à 250 €/ha en 2009.
Ces deux tendances risquent de nous faire revenir à des niveaux de revenus "d’avant 2007".
Nos conseils
Avec la libéralisation des échanges, l’agriculture est devenue plus complexe, plus globale et elle nécessite de prendre des décisions plus rapides. Les ingénieurs conseil CDER sont à vos côtés pour vous y aider. |
Jean-Marie LETT
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