Depuis un an, CDER accompagne la société THIERART. Cette entreprise de matériel agricole exploite depuis début 2007 le brevet d’un récupérateur de menues pailles. Ce matériel de récupération, fixé au châssis de la moissonneuse batteuse, permet aux agriculteurs de tirer profit d’un coproduit supplémentaire valorisable et de réduire les herbicides par la diminution des mauvaises graines aux champs. Une innovation qui ne laisse pas indifférent de nombreux agriculteurs !
Différents systèmes existent dans d’autres pays
(remorques attelées à la moissonneuse batteuse…).
L’idée de Monsieur Alain BON, inventeur (prix
d’innovation de la foire de Châlons en 2006), a été
de fixer à l’arrière de la moissonneuse batteuse,
une trémie dans laquelle sont stockées les menues
pailles récupérées grâce à deux vis mécaniques. La
paille est récupérée ou broyée comme auparavant.
Ces menues pailles, récupérées et stockées en vrac
en bout de parcelle, sont ensuite conditionnées
et stockées. Différentes organisations se sont
mises en place : stockage en vrac pour certains et
pressage pour d’autres, avec une adaptation simple
du pick-up que propose la société THIERART.
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Deux arguments sont mis en avant :
Un coproduit supplémentaire pouvant être valorisé dans différentes filières, sans
immobiliser de la surface agricole : litière
animale (400 000 poulets élevés sur menue
paille en 2007), alimentation animale (vaches
laitières,…), chauffage (pressage en granulés et en
briquettes,…), agro matériaux, …
La quantité récupérée peut représenter jusqu’à
50 % du volume de la paille soit 2 à 2,5 tonnes par
hectare.
Un désherbage mécanique (exportation de
mauvaises graines) permettant de diminuer
les repousses d’adventices dans les parcelles, ce qui entraîne une réduction des herbicides :
un gain économique et un meilleur respect de
l’environnement.
Un argument fort pour les agriculteurs en technique
simplifiée et les agriculteurs biologiques.
En plus de la baisse des herbicides, des experts évoquent une moindre transmission de certaines
maladies par la réduction des déchets aux
champs.
Grâce à ses atouts, cet équipement n’a cessé
d’intéresser depuis un an :
- les céréaliers : diminution des repousses et vente
d’un sous-produit ;
- les éleveurs : en plus des raisons précédentes,
utilisation intéressante en litière ou en
alimentation ;
- les entrepreneurs : apporter un service supplémentaire
aux clients.
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Après une étude de marché, ce jeune entrepreneur
dynamique a pris le risque de porter cette
innovation : un pari pour l’avenir !
De nombreux agriculteurs ont très vite compris
l’intérêt de ce matériel, tout en gardant à l’esprit
qu’une gestion attentive de la matière organique
devra être mise en place (CIPAN, uniquement
récupération des menues pailles…).
En 2007, après une période de conception en
bureau d’étude et en atelier, deux agriculteurs
ont été équipés et 400 ha ont été fauchés avec
ce système. Cette première étape a permis de
relever le défit technique et de répondre aux a
priori des agriculteurs sur la perte de temps et
d’organisation : un vidage en deux secondes !
En 2008, 10 agriculteurs (céréaliers, éleveurs ou
entrepreneurs) équipent leur moissonneuse, ainsi
que la Ferme de l’INRA à Grignon (Yvelines).
Le projet est soutenu par le pôle de compétitivité,
mais aussi par de nombreuses coopératives.
Celles-ci y voient un nouveau débouché de
biomasse disponible à proximité des usines,
sans immobilisation de surface, et une solution
environnementale pour les agriculteurs de plus en
plus en proie à la nouvelle législation des produits
phytosanitaires.
Des groupes de travail sont mis en place par
diverses organisations (Moulins Henry, COPAM,
Sanders, Champagne Céréales, Union laitière
Meusienne, Coop énergie,…), afin de multiplier les
références techniques dans les différents domaines
concernés.
Le rôle de CDER : accompagner la mise en place du
projet de l’ entrepreneur et développer une nouvelle
source de diversification pour les agriculteurs.
Différentes étapes d’accompagnement ont été
mises en place pour répondre à la problématique
sur le développement et la valorisation de cet équipement :
- l’élaboration d’une stratégie de développement
du projet,
- l’accompagnement dans un argumentaire technique
et économique,
- l’accompagnement dans la communication.
L’enjeu pour CDER est donc double : satisfaire
la société THIERART par la réussite de son
projet et participer à une innovation, source de
diversification pour ses adhérents agriculteurs.
Loïc DUPUIT
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