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Bulletins de liaison n°176

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Economie

SOMMAIRE

 

Récupérer ses menues pailles, une idée dans l’air du temps !

Depuis un an, CDER accompagne la société THIERART. Cette entreprise de matériel agricole exploite depuis début 2007 le brevet d’un récupérateur de menues pailles. Ce matériel de récupération, fixé au châssis de la moissonneuse batteuse, permet aux agriculteurs de tirer profit d’un coproduit supplémentaire valorisable et de réduire les herbicides par la diminution des mauvaises graines aux champs. Une innovation qui ne laisse pas indifférent de nombreux agriculteurs !

Comment récupérer ses menues pailles ?

Différents systèmes existent dans d’autres pays (remorques attelées à la moissonneuse batteuse…).
L’idée de Monsieur Alain BON, inventeur (prix d’innovation de la foire de Châlons en 2006), a été de fixer à l’arrière de la moissonneuse batteuse, une trémie dans laquelle sont stockées les menues pailles récupérées grâce à deux vis mécaniques. La paille est récupérée ou broyée comme auparavant. Ces menues pailles, récupérées et stockées en vrac en bout de parcelle, sont ensuite conditionnées et stockées. Différentes organisations se sont mises en place : stockage en vrac pour certains et pressage pour d’autres, avec une adaptation simple du pick-up que propose la société THIERART.

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Pourquoi récupérer ses menues pailles ?

Deux arguments sont mis en avant :

Un coproduit supplémentaire pouvant être valorisé dans différentes filières, sans immobiliser de la surface agricole : litière animale (400 000 poulets élevés sur menue paille en 2007), alimentation animale (vaches laitières,…), chauffage (pressage en granulés et en briquettes,…), agro matériaux, …
La quantité récupérée peut représenter jusqu’à 50 % du volume de la paille soit 2 à 2,5 tonnes par hectare.

Un désherbage mécanique (exportation de mauvaises graines) permettant de diminuer les repousses d’adventices dans les parcelles, ce qui entraîne une réduction des herbicides : un gain économique et un meilleur respect de l’environnement.
Un argument fort pour les agriculteurs en technique simplifiée et les agriculteurs biologiques.
En plus de la baisse des herbicides, des experts évoquent une moindre transmission de certaines maladies par la réduction des déchets aux champs.
Grâce à ses atouts, cet équipement n’a cessé d’intéresser depuis un an :
- les céréaliers : diminution des repousses et vente d’un sous-produit ;
- les éleveurs : en plus des raisons précédentes, utilisation intéressante en litière ou en alimentation ;
- les entrepreneurs : apporter un service supplémentaire aux clients.

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Un an après : un bilan positif pour cette entreprise

Après une étude de marché, ce jeune entrepreneur dynamique a pris le risque de porter cette innovation : un pari pour l’avenir !
De nombreux agriculteurs ont très vite compris l’intérêt de ce matériel, tout en gardant à l’esprit qu’une gestion attentive de la matière organique devra être mise en place (CIPAN, uniquement récupération des menues pailles…).
En 2007, après une période de conception en bureau d’étude et en atelier, deux agriculteurs ont été équipés et 400 ha ont été fauchés avec ce système. Cette première étape a permis de relever le défit technique et de répondre aux a priori des agriculteurs sur la perte de temps et d’organisation : un vidage en deux secondes !
En 2008, 10 agriculteurs (céréaliers, éleveurs ou entrepreneurs) équipent leur moissonneuse, ainsi que la Ferme de l’INRA à Grignon (Yvelines).

Le projet est soutenu par le pôle de compétitivité, mais aussi par de nombreuses coopératives. Celles-ci y voient un nouveau débouché de biomasse disponible à proximité des usines, sans immobilisation de surface, et une solution environnementale pour les agriculteurs de plus en plus en proie à la nouvelle législation des produits
phytosanitaires.
Des groupes de travail sont mis en place par diverses organisations (Moulins Henry, COPAM, Sanders, Champagne Céréales, Union laitière Meusienne, Coop énergie,…), afin de multiplier les références techniques dans les différents domaines concernés.
Le rôle de CDER : accompagner la mise en place du projet de l’ entrepreneur et développer une nouvelle source de diversification pour les agriculteurs.

Différentes étapes d’accompagnement ont été mises en place pour répondre à la problématique sur le développement et la valorisation de cet équipement :
- l’élaboration d’une stratégie de développement du projet,
- l’accompagnement dans un argumentaire technique et économique,
- l’accompagnement dans la communication.
L’enjeu pour CDER est donc double : satisfaire la société THIERART par la réussite de son projet et participer à une innovation, source de diversification pour ses adhérents agriculteurs.

Loïc DUPUIT

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