Dans un contexte financier complexe et dans une période de stabilisation,
voire de diminution, des prix de l’immobilier, les possibilités d’investissement
sur le marché de l’immobilier neuf doivent être bien analysées.
En effet, trop souvent l’arbre de la défiscalisation cache la forêt des
investissements peu performants. Un bon argumentaire commercial fait
parfois passer une potion bien indigeste...
Comme pour tout investissement, le premier
paramètre à prendre en compte est son prix en
comparaison du marché immobilier en général et
des conditions particulières du marché local.
En effet, quelles que soient les incitations fiscales,
un mauvais investissement reste un mauvais
investissement. Sa rentabilité sera au final
médiocre, en particulier en période de croissance
modérée du marché.
Si l’immobilier neuf permet de disposer d’un
logement aux normes (plus facile à louer), son prix
d’acquisition plus élevé ne permet pas d’obtenir un
bon rendement.
Le prix du m² ne fait pas tout, il doit être mis en
perspective avec d’autres critères, comme connaître
la ville dans laquelle l’investissement va se réaliser
(environnement et qualité du bien).
Enfin, il ne faut pas oublier de prendre en compte
les frais annexes à l’acquisition : frais de notaire…
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La fixation du loyer est libre. Toutefois son montant
doit être cohérent avec le marché pour espérer
trouver d’éventuels locataires.
Si l’investisseur décide de se positionner dans un
dispositif de défiscalisation, le loyer sera plafonné au
m² à des montants fonction d’un zonage national.
Ce plafonnement n’est pas toujours anodin, comme
le démontre le tableau ci-dessous :
| Ville | Zone | Plafond de loyer 2008 | Loyer moyen constaté | |
| Dispositif Robien | Reims | B2 | 11.95 | 10.85 |
| Dispositif Borloo | Reims | B2 | 9.56 | 10.85 |
Dans cet exemple, la recherche d’une défiscalisation
plus importante dans le cadre du dispositif
BORLOO peut conduire à pratiquer un loyer
inférieur de 12 % à celui du marché.
Cette contrainte sur les loyers est tout à fait en
cohérence avec les objectifs du texte : la baisse des
loyers est la contrepartie des avantages fiscaux.
Dans ce contexte, les investisseurs se sont orientés
sur des villes où l’avantage fiscal était possible
sans avoir à limiter les loyers pratiqués.
Devant cette situation, dans certaines agglomérations,
le gouvernement envisage de recentrer
les dispositifs, dans la future loi sur le logement
prévue à l’automne.
Dans le calcul de la rentabilité, un certain nombre
de risques locatifs doivent être pris en compte :
- la vacance locative, période durant laquelle le
logement sera inoccupé,
- les impayés,
- les dégradations du logement.
A noter : ces risques peuvent être couverts par
les assurances, en particulier pour le risque "loyers
impayés", pour un coût voisin de 3 % du montant
des loyers.
Enfin, attention aux autres frais à supporter par
l’investisseur : la taxe foncière (souvent occultée par
le promoteur du fait de l’exonération de 2 ans), les
frais de copropriété, les assurances…
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Les immeubles loués nus relèvent de la catégorie des revenus fonciers, imposables au barème progressif de l’impôt sur le revenu.
Le régime du micro foncier s’applique quand les
recettes sont inférieures à 15 000 € (ce régime
est exclusif des dispositifs spécifiques Robien ou
Borloo).
Si les recettes dépassent 15 000 €, ou sur option, le
régime réel s’applique. Pourront alors être déduits
des recettes :
- les frais versés à un tiers pour la gestion de
l’immeuble,
- les dépenses d’amélioration et d’entretien,
- les taxes foncières,
- les intérêts des emprunts contractés pour
l’acquisition, la construction, la réparation ou
l’amélioration des propriétés,
- les assurances, frais de procédure, rémunération
des gardiens et concierges,
- les frais de copropriété.
En outre, si l’investisseur se positionne dans
un dispositif dit "défiscalisant", il bénéficie de
déductions fiscales supplémentaires :
| Caractéristiques | Détail de l'amortissement | |
| Secteur libre | Dispositif "Robien recentré" (déduction au titre de l’amortissement) Dispositif "Robien ZRR" (déduction au titre de l’amortissement "Robien recentré" + déduction égale à 26 % du revenu brut) |
6 % du prix d’acquisition pendant les 7 premières années puis 4 % les deux années suivantes |
| Secteur intermédiaire | Dispositif "Borloo neuf" (déduction au titre de l’amortissement "Robien recentré" + complément de déduction au titre de l’amortissement + déduction spécifique égale à 30 % du revenu brut) |
Idem avec
possibilité de
poursuivre l’amortissement à hauteur de 2,5 % par an au cours de deux périodes de 3 ans |
Les dispositifs présentés ci-dessus sont soumis à
conditions :
- Ils sont ouverts aux personnes physiques et aux
sociétés civiles transparentes à condition que le
droit de propriété (sur les biens ou sur les parts
sociales) ne soit pas démembré (il n’est donc pas
possible de bénéficier de ces dispositifs si on réalise
la donation à ses enfants de la nue propriété d’un
immeuble en conservant l’usufruit).
- Le propriétaire s’engage à louer le bien nu à
usage d’habitation principale pendant au moins
9 ans à une personne autre qu’un membre de son
foyer fiscal.
- Le loyer est plafonné.
- Le locataire est soumis à une condition de
ressources pour le dispositif Borloo.
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Dans la plupart des cas, les professionnels
qui mettent en marché des programmes neufs
proposent un financement in fine, parfois sans
discernement.
Le principe du prêt in fine est simple : pendant
la durée du prêt, l’emprunteur ne paye que les
intérêts dans ses mensualités.
Le capital est remboursé en une seule fois, à la fin
du crédit.
L’avantage est fiscal, les intérêts venant en
diminution des revenus fonciers.
Toutefois, pour garantir le remboursement du
capital, la banque demande de déposer la même
somme, sur un contrat de type assurance vie : il y
a donc un effort d’épargne conséquent.
La seule personne certaine d’être gagnante est le
banquier qui :
- perçoit plus d’intérêts sur la durée du prêt,
- réalise une marge commerciale supplémentaire
sur l’assurance vie,
- dispose d’une double garantie pour le remboursement
du crédit : le bien lui-même et le placement.
Pour apprécier l’intérêt de ce financement, un
investisseur devra comparer le taux net de fiscalité
du placement proposé avec le coût du financement
net de prélèvements sociaux et fiscaux.
Attention, il ne faut pas se limiter à une analyse
superficielle à partir de la seule tranche marginale
d’imposition.
Les règles spécifiques des revenus fonciers et en
particulier celles des imputations de déficit doivent être intégrées afin d’éviter toutes désillusions…
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L’investissement dans l’immobilier locatif neuf doit,
comme tout investissement, être abordé avec sérieux.
Une analyse du marché (prix d’acquisition et loyer),
une réflexion quant au financement à mettre en
place et au régime fiscal à privilégier doivent être
réalisées, et l’investissement doit se placer dans
une stratégie patrimoniale cohérente.
Ne pas céder trop vite aux sirènes de la défiscalisation
ne doit pas faire tomber l’investisseur dans
l’excès inverse, à savoir suivre les avis négatifs et
manipulateurs de certains médias qui ont plus
vocation à racoler qu’à informer.
Mieux vaut prendre conseil auprès de personnes
compétentes et indépendantes : vos interlocuteurs
habituels et les spécialistes CDER se tiennent à
votre disposition.
Fabien VOARINO
[haut]