Après plusieurs années de croissance soutenue, les prix de l’immobilier en
France ont poursuivi en 2007 l’atterrissage en douceur amorcé en 2006.
La crise financière touche la plupart des établissements français. Ceci
laisse présager un accès au crédit plus difficile, qui pourrait impacter le
marché immobilier en 2008.
Le marché de la transaction
Depuis plusieurs mois, les plus alarmistes de nos
experts médiatiques annonçaient un inévitable
retournement du marché suite à l’éclatement de la
bulle spéculative immobilière.
En effet, le contexte n’était pas très favorable :
instabilité financière, crise des crédits à
risque aux Etats-Unis, faible perspectives
de croissance, moral des français en baisse
et relèvement des taux d’intérêts des crédits
immobiliers, autant de facteurs qui auraient pu
fragiliser le marché.
Pourtant, les prix ont continué leur atterrissage en
douceur au cours de l’année 2007, avec un rythme
de progression annuelle de + 3,6 % dans un marché
toujours très soutenu en termes de nombre de
transactions.
Sur le marché des appartements comme sur celui
des maisons, le ralentissement du rythme de
progression est important ainsi que le montre le
tableau suivant :
| En % | Appartements | Maisons | Ensemble |
| 2003 | 16.4 | 11.0 | 14.0 |
| 2004 | 17.8 | 12.5 | 15.5 |
| 2005 | 11.1 | 10.5 | 10.9 |
| 2006 | 7.2 | 7.2 | 7.2 |
| 2007 | 3.1 | 4.3 | 3.6 |
Le mois de janvier 2008 enregistre une baisse de 1,7 %
du prix des appartements alors que ceux des maisons
sont à nouveau à la hausse (+ 0,7 %).
Les prix progressent de 0,8 % sur les trois derniers
mois, alors que les périodes hivernales sont
traditionnellement marquées par l’absence de
pressions fortes à la demande.
Le marché locatif privé
Le rythme annuel de progression des loyers s’est établi à seulement 0,9 % à la fin de l’année 2007.
Les loyers des appartements voient leur progression
ralentir le plus pour s’établir à + 0,7 % en 2007
contre une moyenne de plus de 4 % sur la période
2003-2006.
La solvabilité des ménages
L’année 2007 a marqué la fin d’une période de
taux historiquement bas. Toutefois, les ménages
bénéficient toujours de conditions de crédits
favorables.
L’alourdissement des charges d’intérêts continue
d’être compensé par l’allongement des crédits et la
relative faiblesse de la progression des prix.
L’indicateur de solvabilité de la demande
de logements anciens par les ménages
En base 100 en 2000, cet indicateur synthétise les
effets de quatre facteurs principaux :
- l’évolution du revenu disponible des ménages,
- les conditions de remboursement des prêts du
secteur concurrentiel,
- les incitations publiques en faveur de l’accession à la propriété dans l’ancien,
- l’évolution du prix des logements.
Cette solvabilité s’est restaurée en 2007 sur une
base moyenne annuelle de + 1,5 % contre + 0,6 %
en 2006 et + 1,1 % en 2005.
Pour l’année 2008, il est possible que l’évolution
du pouvoir d’achat, en raison d’une détérioration
des dépenses de consommation, vienne réduire la
solvabilité des ménages en matière de logement.
Le crédit d’impôt sur les intérêts d’emprunt
immobilier
Ce crédit d’impôt a été souvent présenté, à tort,
comme un simple gadget destiné à permettre aux
vendeurs de continuer à augmenter le prix de
vente de leur bien.
Il faut rendre justice à ce dispositif qui, dans les
faits, impacte de façon importante la charge de
remboursement supportée par les ménages.
Le crédit d’impôt est en effet de 40 % des intérêts
supportés par l’emprunteur la première année et
de 20 % de ces intérêts les quatre années suivantes
(dans la limite de 3 750 € pour une personne seule
et de 7 500 € pour un couple, majoration de 500 €
par personne à charge).
Par exemple pour un couple avec un enfant :
| Prix de l'investissement | 238 876 € |
| Mensualité de remboursement (1) | 1 230 € |
| Charges d'intérêt de la première année | 8 856 € |
| Revenus mensuels nets | 4 099 € |
| IRPP | 3 046 € |
| Montant de l'avantage fiscal 40 % (1ère année) | 3 200 € |
| IRPP après avantage fiscal | - 154 € |
| Montant de l'avantage fiscal 20 % (les 4 années suivantes) | 1 600 € |
| IRPP après avantage fiscal | 1 446 € |
(1) emprunt sur 20 ans à 4.7% avec 20 % d'apport personnel
Source FNAIM
Le marché des crédits immobiliers aux
particuliers
La hausse des taux d’intérêt des prêts immobiliers
a eu des conséquences certaines sur la capacité
d’emprunt des ménages (cette dernière s’est
réduite de 7,1 % en 2007).
Le tableau ci-dessous donne les taux constatés pour
un très bon dossier.
En toute logique, la durée des prêts a continué de
s’allonger en 2007 pour atteindre 21,5 années en
moyenne contre 20,5 années en 2006 (18,3 années
en 2005).
Malgré les réticences des français à s’engager pour
une durée supérieure à 20 ans, les prêts d’une durée
supérieure ou égale à 30 années représentent 16 %
du total en 2007 (10 % en 2006).
Les prêts à taux variables semblent passés de
mode puisqu’ils ne représentent plus que 7 % de la
production de crédits, contre 15 % en 2005.
La plupart des experts s’accordent pour constater
que les critères d’acceptation des dossiers de crédit
sont restés souples en 2007. Compte tenu des
incertitudes liées à la crise financière, la position
des banques devrait se durcir en 2008 et rendre
l’accès au crédit plus difficile.
Dans ce contexte de durcissement des conditions de
crédits, le marché semble produire des ajustements
pour conserver un équilibre propice à la réalisation
des projets immobiliers des ménages.
Cependant, il existe des facteurs susceptibles de
nourrir un retournement du marché :
- un moral des ménages en berne par rapport à
leur situation financière,
- une croissance modérée et un retour annoncé à
une inflation significative,
- un ralentissement prévu du pouvoir d’achat,
- une crise financière qui pourrait gagner en
intensité.
Aussi, les marchés immobiliers ne devraient
pas progresser à un rythme supérieur à celui de
l’inflation en 2008.
En tout état de cause, le scénario catastrophe
annoncé (espéré ?) par certains analystes (toujours
les mêmes) depuis 2005 ne devrait pas encore avoir
lieu cette année…
| Janvier 2007 |
Avril 2007 |
Juillet 2007 |
Octobre 2007 |
Mars 2008 |
|
| 15 ans | 3.85 % | 3.90 % | 4.25 % | 4.55 % | 4.60 % |
| 20 ans | 3.95 % | 3.95 % | 4.40 % | 4.65 % | 4.70 % |
| 25 ans | 4.10 % | 4.10 % | 4.50 % | 4.70 % | 4.80 % |
Source meilleurstaux.com
Fabien VOARINO
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