Monsieur Pascal MOREL, viticulteur aux Riceys (Aube), témoigne …
Dans le n°168 de CDER Infos, nous avons évoqué l’offre de service destinée aux viticulteurs. Monsieur Pascal MOREL, gérant de la SCEV MOREL-PIOT, utilisateur du Service Conseil depuis 1995, témoigne ...
Monsieur MOREL, vous êtes viticulteur aux RICEYS, Président de l’AOC « Rosé des RICEYS ». Pouvez vous nous décrire votre exploitation en termes d’activité ?
Je mets en valeur une exploitation viticole familiale de 7,5 hectares de vignes en fermage, en métayage et en propriété. La société commercialise entre 40 000 et 45 000 bouteilles de Champagne et de Rosé des RICEYS.
La diversité, c’est vendre :
En procédant ainsi le revenu ne dépend pas uniquement de la bouteille (ce qui permet de maintenir les prix). Les marchés en vins clairs sont bien valorisés dans la mesure où des vins de couleur sont vinifiés. La vente de kilos de raisins assure une partie de la trésorerie de l’exploitation.
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Pourquoi êtes-vous venu au Service Conseil en 1995 ?
Il était nécessaire de mener une réflexion sur le développement de l’exploitation, augmenter les ventes de bouteilles en introduisant le Champagne en plus du Rosé des RICEYS. Ce développement a commencé à partir de 1995 avec une augmentation considérable du stock de bouteilles.
Il fallait également réfléchir à l’évolution de la trésorerie à moyen terme. Nous avons essayé de projeter la trésorerie sur six ans de façon à pouvoir constituer un stock conséquent sans pénaliser l’entreprise au niveau de ses fonds propres. Ce fut la première démarche effectuée avec le Service Conseil.
Et puis en 2000 vous avez conduit une réflexion stratégique avec le Service Conseil, pouvez-vous nous dire ce qu’elle vous a apporté ?
Après cette première projection au niveau de la trésorerie, la même chose a été faite à partir des années 2000 avec un raisonnement plus poussé. Nous avons commencé par établir un bilan de l’évolution de l’exploitation depuis mon installation en 1974, date à laquelle j’ai repris l’exploitation familiale.
Après ce bilan du passé, nous nous sommes tournés vers l’avenir ! Nous avons raisonné les nouveaux investissements pour moderniser et développer l’exploitation sur les prochaines années.
Dans l’intervalle, le temps de travail a été réorganisé pour le passage aux 35 heures, ce qui a permis de stabiliser et de fidéliser les salariés.
La réflexion a abouti sur un projet de construction d’un nouveau bâtiment : pressoir, cuverie et stockage. En effet, il devenait difficile de faire de gros travaux dans les vieux locaux (assez vétustes) pris en location.
L’investissement a donc été raisonné sur plusieurs années, et nous avons étudié la structure à mettre en place.
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Ces prévisions ont-elles contribuées à votre prise de décision ?
Elles nous ont surtout rassurés, car c’était un gros investissement (de l’ordre de 800 000 € hors taxes). Sans cette analyse assez fine nous ne serions peut être pas lancés aussi vite, et sans l’accompagnement de l’Ingénieur Conseil, nous aurions eu du mal à prendre la décision.
La réalisation de cette étude a permis de projeter les résultats sur six ans et plus, et de constater que l’investissement n’allait pas mettre en péril l’exploitation.
Et ce d’autant plus que nous avons opté pour un montage de plusieurs sociétés.
Maintenant, quelles sont les évolutions que vous prévoyez pour votre exploitation dans un avenir assez proche, qu’attendez vous du Service Conseil sur ces projets ?
Après la construction du bâtiment, l’outil de travail est bien en place. Nous nous projetons toujours dans l’avenir et c’est là que le conseil est intéressant. Actuellement nous essayons de voir comment transmettre une exploitation viticole de 7,5 hectares avec les stocks. Ce n’est pas facile parce que la valeur du foncier dépasse toutes les prévisions.
Le gros souci, c’est la transmission de ce patrimoine et je me pose la question : comment le transmettre à mes enfants sans mettre en péril l’exploitation ?
C’est bien de transmettre, mais il faut étudier également quelle retraite il est possible de se constituer avec ce patrimoine sans pénaliser l’exploitation.
Ce sera la réflexion des cinq/six prochaines années et j’attends des idées de la part de mon Ingénieur Conseil.
Propos recueillis par Didier LEURQUIN
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