En juin dernier, les Ingénieurs Conseil CDER étaient accueillis par les sociétés BARENBRUG FRANCE et M & MAS à Connantre, et PARMENTINE à Fère-Champenoise.
Deux objectifs : mieux connaître deux opérateurs commerciaux implantés dans notre région, leur stratégie respective pour les prochaines années … et comprendre les motivations des deux exploitants ayant décidé de créer la société prestataire de services M & MAS.
C’est la filiale française de l’entreprise familiale hollandaise - devenue multinationale – ROYAL BARENBRUG GROUP : onzième semencier mondial (toutes semences confondues), deuxième producteur de semences de graminées et légumineuses, …, 8 centres de recherche et d’obtention, 250 variétés inscrites, 20 filiales dans les deux hémisphères …
Les trois piliers du groupe :
BARENBRUG FRANCE contracte avec les agriculteurs de la région 4 000 hectares de multiplication de variétés inscrites au catalogue français.
L’entreprise possède deux usines de « triage mélange conditionnement » et trois centres de testage des variétés en France.
Elle fait également produire, en sous-traitance, 3 000 hectares de vesces, luzernes, jusqu’au stade triage.
BARENBRUG FRANCE réalise un cinquième des ventes du marché français des semences de graminées, avec la répartition : 49 % gazons grand public, 10 % gazon professionnel, 41 % semences fourragères.
Le marché français des gazons augmente régulièrement : aujourd’hui 20 000 tonnes sont commercialisées avec une augmentation moyenne de 20 % par an.
Autorisée depuis 2004, la vente des mélanges « prêts à l’emploi » se développe fortement avec un grand nombre de références commerciales : 250 en gazons, 50 en fourragères.
BARENBRUG FRANCE est certifiée ISO 9001 version 2000. Elle dispose du label rouge pour certaines compositions de gazons.
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Les perspectives
L’option française de recouplage partiel pour les cultures COP – 25 % de l’aide – à compter de 2006 (les autres pays découplent totalement) et le découplage total des aides semences – dans tous les pays – diminuent la compétitivité des productions de semences par rapport aux cultures COP.
Dans le groupe BARENBRUG l’affectation des contrats de multiplication de semences à ses différentes filiales européennes, Danemark, Pays-Bas, France, Grande-Bretagne, Italie, est faite selon :
Les fétuques élevées fourragères continuent à être produites en France, ainsi que des variétés gazonnantes pour des raisons de disponibilité précoce, pour conserver la qualité des variétés et grâce à leur coût de production intéressant.
Les fétuques rouges restent compétitives en Champagne grâce aux bons rendements obtenus.
Le maintien des vesces à compter de 2006 est par contre tout à fait incertain, l’aide couplée est actuellement très importante et sera alors découplée à 100 %.
Il y a par contre de réelles opportunités de compensation en Ray grass gazon, fétuque rouge, dactyle … pour maintenir les 4 000 hectares de graminées traitées à CONNANTRE.
BARENBRUG France, qui a déjà augmenté récemment ses capacités de « triage, mélange, conditionnement », prévoit d’accroître prochainement sa capacité de stockage de produits conditionnés, à CONNANTRE, pour répondre aux besoins du groupe.
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Créé en 1990 à FERE-CHAMPENOISE, PARMENTINE constitue l’aboutissement d’un regroupement de planteurs produisant de la pomme de terre de consommation pour le marché du frais depuis le début des années 1980.
Le groupe PARMENTINE comprend trois étages :
La SA PARMENTINE réceptionne, trie, lave, conditionne et commercialise 140 000 tonnes de pommes de terre de consommation à partir de cinq sites, dont 60 000 tonnes sur celui de FERE CHAMPENOISE. Elle possède également une participation chez un opérateur espagnol.
Entre 1995 et 2000, le marché a connu une croissance importante, notamment dans le créneau « lavé haut de gamme ». Mais la production champenoise de qualité n’a pas bien suivi. PARMENTINE s’est implantée :
Pourquoi cette réduction des tonnages au « standard qualité 1 » en Champagne ? Les causes possibles : trop de répétitions de pommes de terre sur les parcelles, itinéraires culturaux, gestion des irrigations, manutentions et conditions de stockage à optimiser, contrôle des repousses ?
De plus, nos coûts de production sont élevés suite à des investissements « non stop » pour une production stable … et au retour à des équipements spécifiques individuels, avec un « diviseur amortissement » insuffisant …
Le marché français de la pomme de terre est très concurrentiel en termes de qualité, de segmentation et d’image. PARMENTINE vend 70 % de sa production via les GMS, 20 % aux grossistes et le solde à l’export : Espagne, Italie, ...
En pommes de terre de consommation, la qualité s’apprécie beaucoup sur l’aspect extérieur. Le consommateur achète d’abord une belle peau, un conditionnement attractif …
Le suivi des parcelles est fondamental pour la productivité et pour la qualité qui représente 25 à 35 % du prix perçu. Il permet aussi à PARMENTINE d’avoir une vision des volumes et des qualités à commercialiser.
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Les perspectives
Après 15 années de développement, le marché du frais est à saturation. La percée des hard discount va avoir des conséquences importantes sur le marché et le monde agro-alimentaire. Les opérateurs en prise avec le marché sont encore trop atomisés face aux centrales d’achat qui elles-mêmes se regroupent.
PARMENTINE veut mettre en avant sa marque pour défendre le prix et limiter la multiplication des références (marques de distributeurs …).
Pour conserver ses débouchés et maintenir la rémunération de ses producteurs, PARMENTINE doit rester sur un positionnement qualité élevé. La qualité des « apports culture » doit être en phase. Les normes de qualité seront forcément maintenues au niveau des réceptions.
Et pour s’adapter dès maintenant à une conjoncture commerciale difficile, sans doute durable, il est nécessaire de réduire les prix de revient à tous les stades.
Les deux maître mots pour être plus compétitifs demain : qualité et réduction des coûts, de la parcelle au consommateur …
Durant la même journée, les Ingénieurs Conseil furent également accueillis par les associés de la SARL M & MAS à CONNANTRE, Messieurs Jérôme MARTEL et Didier MATHIEU.
Créée en 2001, l’entreprise a deux activités :
Les deux exploitants – qui pratiquaient déjà l’entraide depuis quelques années – ont expliqué :
Leurs motivations
- Augmenter la productivité des chantiers pour gagner du temps (les terres sont dispersées).
- Réduire les coûts.
- Valoriser les complémentarités, sans pour autant remettre en cause l’indépendance des deux exploitations.
- Monter un outil de stockage performant, en réponse à une demande de prestation pluriannuelle.
Leur organisation
- Réalisation de tous les chantiers en commun par quatre personnes « sachant tout faire ».
- Maintien des deux pulvérisateurs pour être très réactifs et des deux moissonneuses batteuses, amorties donc peu coûteuses.
- Appel à deux CUMA pré-existantes pour les travaux spécifiques pommes de terre et la récolte des betteraves.
- Gestion individuelle de l’irrigation.
- Concertation permanente et gestion des responsabilités extérieures.
Leur constat
Après cinq ans, les associés sont satisfaits des résultats obtenus. Les objectifs sont atteints sans avoir réalisé d’investissements importants, hormis pour leur nouvelle activité de stockage.
Les complémentarités sont biens valorisées et apportent une bonne sécurité aux exploitations et aux utilisateurs des prestations.
Bon vent à M & MAS.
CDER remercie à nouveau les responsables des trois entreprises dynamiques visitées, pour la qualité de leur accueil et la présentation de leur entreprise. |
Claude HARLAUT
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